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Des "patchs" de cellules souches pourraient devenir un traitement de choix pour les coeurs ayant subi un infarctus.

Des "patchs" de cellules souches pour réparer les cicatrices du coeur

 

Des "patchs" de cellules souches pourraient devenir un traitement de choix pour les coeurs ayant subi un infarctus. Deux approches sont étudiées, en France et au Canada.

Les cellules cardiaques obtenues à partir de cellules souches embryonnaires humaines par l’équipe canadienne de Toronto (vues par photomicrographie).

Sous un microscope de l'University Health Network à Toronto (Canada), un petit miracle de la biologie a lieu. Des cellules cardiaques fabriquées à partir de cellules souches embryonnaires humaines se contractent à l'unisson. Elles pourraient remplacer le tissu cardiaque lésé après un infarctus : tel est l'objectif de l'équipe de Michael Laflamme. En avant-première, il présente son premier essai, réalisé sur six porcs, à qui on a injecté un milliard de ces cellules. "Il y a encore un certain nombre de défis à relever, admet-il. Nous voyons des arythmies transitoires liées au greffon chez les receveurs de cellules. Et nous devrons empêcher le rejet de cellules greffées par traitement immunitaire." Le chercheur vise un essai chez l'humain d'ici à cinq ans.

Au même moment en France, l'Hôpital européen Georges-Pompidou (Paris) vient d'inclure son sixième patient souffrant d'une insuffisance cardiaque sévère dans le premier essai clinique de thérapie cellulaire mené par Philippe Menasché, chirurgien cardiaque. Un patch composé de 10 millions de cellules cardiaques issues également de cellules souches embryonnaires humaines a été posé sur la zone du cœur touchée par l'infarctus.

Un protocole voisin de celui des Canadiens mais pour un objectif différent. "Alors que nos collègues visent une “remuscularisation” du cœur par remplacement des cellules cardiaques, nous tentons de réparer ses fonctions par l'action des facteurs sécrétés par les cellules greffées, explique Philippe Menasché. Leur approche sera peut-être meilleure, mais il reste à vérifier que leurs cellules survivent à long terme et que les patients tolèrent un traitement immunosuppresseur permanent." Quant aux risques de cancérisation, le chirurgien est rassurant : "Chez nos premiers patients, greffés il y a plus d'un an, aucun tératome (cancer issu de cellules souches) n'est à déplorer à ce jour."

Santé du Monde