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TOUT SAVOIR SUR LES COMPLEMENTS ALIMENTAIRES avec Dr Jean-Claude Houdret

TOUT SAVOIR SUR LES COMPLEMENTS ALIMENTAIRES


Les compléments alimentaires c’est comme le Canada Dry ça ressemble à des médicaments mais ça n’est pas des médicaments. 
A l’origine et pendant plus de 2000 ans les êtres humains n’ont eu pour se soigner que le recours aux plantes, à la nature en général, aux religions et à la magie. Au cours de cette longue période les praticiens médecins et apothicaires ont eu tout le temps d’étudier les vertus des plantes. Il en est résulté une véritable médecine par les plantes à la fois familiale, traditionnelle et officielle sous forme de l’herboristerie. A la suite de divers évènements et surtout du développement intensif de l’industrie pharmaceutique chimique les médicaments jusqu’alors quasiment tous à base de plantes ont disparus. En même temps la médecine à base de plantes qui se nomme phytothérapie s’est trouvée marginalisée faute d’avoir des préparateurs compétents pour réaliser les préparations nécessaires à son exercice.


Cette disparition officielle brutale de la phytothérapie a créé un vide comblé peu à peu par l’apparition des compléments alimentaires qui ont pris la place de produits anciens, traditionnels aujourd’hui disparus.    
Ces produits ne sont officiellement pas des médicaments mais des combinaisons de plantes, de vitamines, de sels minéraux et d’oligoéléments, dont la prise régulière, souvent par cures, aide l’organisme à rester en équilibre, « en forme », ou à y revenir si, à la suite des aléas de la vie, un déséquilibre s’est installé en entraînant des troubles.


 En effet officiellement les compléments alimentaires n’ont aucune action curative mais on leur concède le bénéfice d’une amélioration de certaines fonctions physiologiques !
Leurs compositions sont en général faites à partir :
des produits alimentaires courants comme  par exemple des légumes (extrait de courges, carottes etc…), des épices comme par exemple le curcuma, le persil et des fruits en particulier les fruits rouges riches en anti-oxydants.. 
des plantes et d’extraits de plantes dont l’usage traditionnel est reconnu comme bénéfique  ce qui exclut  les plantes à usage strictement médicamenteux  comme par exemple la digitale utilisée en allopathie contre certains troubles cardiaques (Digitaline); 
tous les produits à but nutritionnel ou physiologique : que ce soient des protéines, des acides gras (oméga 3, 6…), ou des anti-oxydants.
des oligo-éléments comme par exemple le chrome ou le sélénium qui agissent sur le métabolisme cellulaire en très petite quantité.
Le législateur fait l’obligation aux fabricants de mentionner sur l’étiquette la formule, les conseils d’utilisation et les mentions légales : 
Ne pas dépasser la dose conseillée
Ne pas utiliser comme substitut d’un régime alimentaire varié (ce qui semble évident)
Ne pas laisser à la portée des enfants (ce qui est évident aussi)


LA COMPOSITION A LA LOUPE

Les vitamines 

Ce n’est qu’au début du 20ieme siècle que l’on a découvert les vitamines et leurs effets bénéfiques sur l’organisme. En particulier le scorbut qui ravageait les équipages des navigateurs au long cours a disparu lorsque l’on a compris que le manque de vitamine C contenu dans les fruits et les légumes en était la cause.
Il en fut de même avec la disparition du béri-béri à partir de 1912 lorsque on a découvert qu’il était dû à une carence en vitamine B1.
Une vitamine est une substance indispensable à la vie même en très petite quantité et son déficit ou son absence dans l’alimentation provoque à plus ou moins long terme des troubles ou des maladies. 
Les vitamines sont des substances d’origine organique qui n’apportent aucune calorie, elles n’interviennent pas directement dans la production d’énergie de l’organisme mais elles sont indispensables à la vie de l’organisme : ce sont des AMINES VITALES d’où VITAMINES.


Elles sont différentes des sels minéraux et des oligo-éléments qui doivent eux aussi être apportés régulièrement par l’alimentation.
Enfin elles sont différentes des hormones qui sont fabriquées par l’organisme.

Il existe 2 grands groupes de vitamines :
-les vitamines solubles dans les graisses : vitamine A, D, E et  K .
-les vitamines solubles dans l’eau : vitamines du groupe B et vitamine C.

Dans les pays industrialisés il est rare de constater des carences vitaminiques sévères mais il semble que sous l’effet des modifications de l’agriculture et de l’industrialisation alimentaire il existe des formes de déficits vitaminiques légers mais chroniques.
Ainsi il est fréquent d’observer  un déficit en vitamine D dû à un manque d’ensoleillement ou un déficit en vitamine C dû au tabagisme ou un déficit en vitamines B chez les consommateurs chroniques d’alcool. 

Les minéraux et les oligo-éléments 

Dans l’organisme les sels minéraux et les oligo-éléments sont présents, ils sont de la même origine chimique (minérale) mais leurs quantités dans l’organisme fait la différence.
Les uns (les minéraux)  existent en quantité importante comme par exemple le calcium (1200g pour un adulte de 70 kilos). Dans cette catégorie on range le calcium, le phosphore le potassium, le soufre, le magnésium etc…
Les autres (les oligo-éléments) existent en quantité minime voir à l’état de trace comme par exemple le chrome (5mg pour un adulte de 70kg). Dans cette catégorie on range le fer, le zinc, le fluor, le cuivre, l’iode etc…
Minéraux et oligo-éléments sont des nutriments qui ne produisent pas d’énergie mais dont la présence est nécessaire, voire indispensable, à la structure et au fonctionnement de l’organisme.
Le manque de minéraux, comme par exemple le calcium, conduit à des états pathologiques (rachitisme, fractures spontanées), et le manque d’oligo-éléments comme, par exemple l’iode, conduit aussi à des états pathologiques (goitre thyroïdien…).

Les protéines, acides aminés et acides gras 

L’heure de gloire des protéines est un peu passée avec les régimes hyper-protéinés exclusifs et autres dukaneries !

Les protéines sont des nutriments formés d’acides aminés indispensables à la croissance et à l’entretien de l’organisme, elles interviennent aussi dans le métabolisme énergétique.
Certains acides aminés sont aussi indispensables que les vitamines car  l’organisme n’est pas capable de les fabriquer ; ce sont les acides aminés essentiels.

Il y a deux sortes de protéines :
Les protéines d’origine animales (œufs, viandes, poissons lait, laitages, formages, fruits de mer) qui contiennent tous les acides aminés. Le blanc d’œuf à lui seul contient tous les acides aminés indispensables et dans la proportion et la quantité nécessaire au bon équilibre.
Les protéines d’origine végétale (céréales, soja, légumineuses) qui, contrairement aux informations et aux légendes à la mode dans les journaux  ne contiennent pas suffisamment  de protéines et en particulier de protéines essentielles comme la lysine et la méthionine.
En conclusion, n’en déplaise aux végétariens, aux végétaliens et aux véganiens  pour être bien équilibrée toute alimentation doit associer ces deux sources de protéines et au minimum des œufs, du beurre et des produits laitiers. Les protéines doivent représenter 12 à 15% de la ration calorique quotidienne par jour et non pas 60 à 70 % comme dans certains  régimes amaigrissants !

L’huile de Palme est-elle un poison violent ?
C’est une rumeur qui court les rédactions des journaux féminins. 
De quoi s’agit-il ?

Les lipides ou graisses sont des nutriments composés de glycérol et d’acides gras dont 3 sont appelés indispensables ou essentiels car l’organisme ne sait pas les fabriquer c’est l’acide linoléique, linoléique,  arachidonique. De plus ces lipides sont le support de certaines vitamines (voir vitamines liposolubles).

 

 

On distingue plusieurs sources de graisses alimentaires :

Les graisses d’origine animale venant d’animaux terrestres, en général des mammifères sont riches en acide gras saturés favorisant les dépôts d’athérome dans les parois des artères. Elles favorisent l’augmentation du mauvais cholestérol (LDL)  au détriment du bon cholestérol (HDL) et aussi elles favorisent un peu l’augmentation des triglycérides.


 C’est le cas du beurre, du saindoux, du lard, des charcuteries, de toutes les viandes sauf celle des oiseaux, volailles et bizarrement du lapin et du cheval, de la crème fraîche-laitages et fromages non écrémés.
Et aussi un peu le cas de quelques huiles végétales dont surtout l’huile de palme (attention ce n’est pas de l’huile de palmiste extraite des noyaux)  qui à la différence de la grande majorité des huiles végétales à une  tendance légère à accroître le taux de cholestérol LDL au détriment du cholestérol HDL. Mais de là à en faire un poison violent !!! 


Dans le cas des oiseaux et autres volailles la teneur en acide gras saturé est beaucoup moins forte que dans le cas des mammifères, il est donc conseillé d’en manger régulièrement en évitant quand même les parties très grasses et la peau. A signaler le cas très particulier de la viande d’autruche qui est rouge et épaisse , dont on peut faire des steaks et des rôtis et qui contient très très peu de graisses.

Les graisses des poissons sont riches en acides gras insaturés de même que la plupart des huiles végétales (colza, maïs, olive). Il existe plusieurs degrés d’insaturations et on peut distinguer des acides gras mono-insaturés et des acides gras poly-insaturés.

Certains acides gras mono-insaturés contenus dans les huiles de première pression à froid et en particulier l’huile d’olive exerceraient une action préventive sur les maladies cardiovasculaires. C’est le cas des oméga-9 contenus dans l’acide oléique très présent dans le régime méditerranéen riche en huile d’olive.

omega 3 et omega 6 sont des acides gras qui ne sont pas strictement essentiels comme ceux définis ci-dessus. Les  oméga 6 sont en général très présent dans l’alimentation humaine occidentale mais il n’en est pas toujours de même pour les oméga 3.
L’ AFSSA recommande un ratio  minimum de un oméga 3 pour 5 oméga 6 car il semble  que cela diminue les risques cardiovasculaires. De l’équilibre entre oméga 3 et oméga 6 dépendent le taux de triglycérides,  la tension artérielle et de nombreux phénomènes inflammatoires en particulier rhumatologiques.

En conclusion on peut dire que plus on mange de poissons et que plus ils sont gras et mieux c’est pour la santé !


Les graisses végétales, huiles et margarines sont riches en acides gras mono-insaturés et en acide gras poly-insaturés.


Les graisses doivent représenter 20 à 30% de la ration calorique quotidienne et doivent être composés idéalement de un tiers d’acides gras poly-insaturés, un tiers d’acides gras mono-insaturés et un tiers d’acides gras saturés.
Pratiquement une alimentation bien équilibrée doit privilégier les huiles  végétales, si possible en les mélangeant (par exemple olive+tournesol+pépins de raisins).
 Ensuite il faut utiliser des margarines composées d’huiles émulsifiées en sachant que  pour éviter le phénomène normal du rancissement des graisses  au contact de l’oxygène  on  ajoute industriellement de l’hydrogène pour saturer les acides gras en leurs faisant ainsi perdre leurs qualités et en les faisant passer de l’état naturel « cis » à l’état de « trans » . Ceci se passe dans toute l’industrie agroalimentaire biscuits, viennoiseries, chocolats, plats cuisinés etc…
En conclusion : mélangez vos huiles, cuisinez à l’huile de préférence à basse température car à température élevée les huiles insaturées se saturent.
 Utilisez de la margarine non hydrogénée ou peu hydrogénée, le mieux étant de cuisiner autant que possible à la vapeur ou au four et d’ajouter ensuite quelques cuillères de bonnes huiles d’olive ou de noix ou d’autres choses en évitant l’huile de palme.

Les plantes et préparation de plantes 


Rhumatismes en tous genres, douleurs articulaires, circulation du sang, foie et digestion, peau et allergies, nervosité, anxiété, insomnies, troubles urinaires en tous genres, sexualité, amincissement, prise de poids, excès de sucre, de cholestérol etc…, fatigue, troubles de la vue etc.. rien n’échappe aux capacités d’actions bénéfiques des plantes. Encore faut-il savoir de quelle plante il s’agit et pour quels troubles exactement !
De par le monde il existe des milliers de plantes dont l’action traditionnelle est connue et cela va de la citrouille ou du persil de notre jardin à des plantes indiennes ou chinoises que nous ne verrons probablement  jamais. Pour se retrouver dans ce dédale il existe des traités de phytothérapie plus ou moins bien fait dont le mien« Bien se soigner par les plantes » Dr JC Houdret édition Solar.
Aujourd’hui la plupart du temps les compléments alimentaires sont constitués d’extraits ou de poudres de plantes unitaires ( une seule plante) ou mélangés suivant le but recherché en regroupant plusieurs plantes complémentaires.


Les extraits peuvent être liquides ou secs et ils sont très actifs car ils sont très concentrés. Les poudres des plantes sont obtenues à partir de la plante entière ou seulement d’une partie (sommités, racines…). L’ avantage des poudres de plantes est de contenir toutes les parties actives de la plante car souvent l’action principale est confortée par des actions complémentaires. Souvent on mélange des extraits à de la poudre de plantes pour bénéficier des 2 avantages.
Des médecins spécialistes dont l’auteur de cet article s’appuient sur les travaux de pharmacologues qui cherchent parmi les plantes du monde entier celles dont l’efficacité peut être bénéfique dans le traitement de certaines maladies.

Pendant très longtemps et encore aujourd’hui un grand nombre de médicaments allopathiques (les médicaments « normaux » vendus en pharmacie) sont des copies la partie active de ce qui est efficace dans une plante. Par exemple la Digitaline médicament du cœur   qui est la copie de l’alcaloïde efficace de la Digitale (Digitalis purpurea) ou la Vincarutine médicament de la mémoire et des troubles cognitifs qui agit  sur les vaisseaux sanguins du cerveau et qui est la copie de la Vincamine extraite de la Petite Pervenche (Vinca minor) associé à la copie de la Rutine extraite du Sophora Japonica.


On est loin de l’image entretenue par la médecine officielle amie des laboratoires pharmaceutiques qui veut que la phytothérapie soit le domaine des rebouteux, des charlatans et des allumés en tous genres !!!
Toutefois il ne faut pas s’éloigner d’une rigueur scientifique et professionnelle de fabrication car il y a danger  dans ce domaine de tomber dans une approche purement commerciale qui fait que, en particulier sur internet, n’importe qui vend n’importe quoi au prix le plus bas possible pour rafler le marché. Je pense qu’un fabricant de compléments alimentaires qui n’a pas au moins un médecin conseil spécialiste de phytothérapie réellement efficace ne devrait pas exister. 
 
Une forme de particulière de préparation de plantes est l’extraction et l’usage des huiles essentielles très à la mode.
Les essences végétales ou huiles essentielles sont extraites par distillation, par  enfleurage ou par expression selon la variété de plantes. Ces « huiles » n’en sont pas car elles ne contiennent aucun corps gras.
 Pour obtenir quelques centimètres cubes d’une huile essentielle il est nécessaire de traiter de très grandes quantités de plantes (sommité fleurie, écorce, fruit, bois etc…) ceci explique le coût parfois élevé de ces essences.
Les propriétés thérapeutiques sont particulièrement puissantes, puisque les principes actifs ont été extraits sans être dénaturés. Elles ne doivent jamais être appliquées pure mais toujours diluée dans une huile végétale neutre qui sert de support. Par ailleurs il est fréquent de combiner ensemble 2 ou 3 huiles essentielles aux vertus curatives voisines et complémentaires car l’action du mélange est supérieure à l’action de chacun ses produits pris séparément.
Les huiles essentielles peuvent être prises par voie orale mais toujours diluées dans une boisson ou un yaourt, en mangeant et jamais plus de 5 gouttes d’une huile essentielle déjà diluée dans de l’huile végétale neutre.
Par voie externe en massage et en friction on les utilise à la dose de 5 à 10 gouttes mélangées à 1 ou 2 cuillères à soupe d’huiles végétales neutres. On peut aussi en mettre quelques gouttes dans le bain, faire des inhalations etc…
Attention à vos achats de compléments alimentaires et d’huiles essentielles moins chers que moins chers sur internet c’est peut-être de la M…!!


Et pour terminer : des excipients 
Un excipient désigne toute substance dépourvue  d’activité que l’on ajoute à la partie efficace d’un produit quelconque médicamenteux, cosmétique ou alimentaire que l’on ajoute dans le but d’améliorer son aspect  ou simplement de lui donner du volume. Ces excipients sont amorphes, sans effet et sans activité, mais dans certains cas rares ils peuvent être allergisants. Leurs usages en dehors de faire du « volume » peut être de stabiliser le produit actif, de lui donner un goût sucré etc…pour de plus amples informations sur ce sujet je vous renvoie à mon livre « Les additifs alimentaires. Un mal nécessaire ? » Dr JC Houdret éditions Médicis. 

 

Docteur Jean-Claude Houdret
www.houdret-medecine-esthetique.fr
www.houdret.com

Santé du Monde