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Les probiotiques : les « bonnes » bactéries

Aliments probiotiques : mangeons des bactéries !

Les « prébiotiques » ?
La flore intestinale, notre atout santé ?
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Pour entretenir notre équilibre intestinal et lutter ainsi contre certaines maladies, les probiotiques semblent de plus en plus prometteurs.

 

La fin du XIXe et le début du XXe siècles ont été marqués par des progrès majeurs en microbiologie. L’identification de bactéries responsables de maladies a permis la mise au point de traitements et de vaccins. Ayant observé que notre tube digestif héberge de nombreuses bactéries dont il ne peut se passer, les chercheurs ont d’emblée suggéré que certaines pouvaient être bénéfiques.

L’histoire de notre flore intestinale

 

Chiffre

100 000 milliards de bactéries contenues dans le tractus digestif, soit 10 fois plus que la quantité de cellules qui composent le corps humain. Et ce microbiote peut peser jusqu’à 2 kg !
Anciennement appelé « flore intestinale », le « microbiote intestinal » est un véritable organe. Il regroupe l’ensemble des micro-organismes hébergés par le tractus digestif. Les bactéries qui le composent sont indispensables : elles produisent certaines vitamines, facilitent la digestion des nutriments et sont impliquées dans notre système immunitaire. Composé de près de 500 espèces différentes chez un adulte, réparties en 4 familles principales (Firmicutes, Bacteroidetes, Actinobacteria et Proteobacteria), le microbiote est spécifique de chaque individu.

On ne connaît pas encore tous les secrets et les modes de fonctionnement du microbiote. Mais la modification de l’équilibre qui existe entre nos bactéries par des facteurs internes (maladies, stress…) ou externes (aliments, antibiotiques…) peut baisser ou améliorer notre état de santé.

La barrière intestinale

Ce terme désigne la zone du tube digestif où se déroulent des échanges entre les substances qu’on ingère et l’intérieur de notre corps (sang, organes…). Par exemple, les nutriments qu’on mange passent par notre estomac, puis arrivent dans notre intestin, où ils peuvent être absorbés. Cette barrière est composée d’épithélium, de mucus, de cellules immunitaires etc., et elle héberge les bactéries du microbiote intestinal. Elle assure donc deux fonctions principales : l’absorption de nutriments et d’électrolytes, et la protection contre l’entrée de substances toxiques dans notre système sanguin.

 

Les probiotiques : les « bonnes » bactéries

Lors d’un colloque international regroupant des experts et des agences sanitaires en 2001, les probiotiques ont été définis comme des « micro-organismes vivants qui confèrent des effets bénéfiques pour la santé quand ils sont consommés en quantité suffisante ».

Les bactéries lactiques, les bifidobactéries et les levures sont les micro-organismes les plus étudiés pour leur potentiel probiotique. Parce que nous savons cultiver ces organismes ; et parce que nous les utilisons dans les procédés de fermentation de certains aliments depuis des siècles. Ces micro-organismes participent aux propriétés sensorielles et à la bonne conservation des aliments fermentés. Ils pourraient en plus leur apporter un effet santé.

 

Les « prébiotiques » ?

Ce concept élaboré en 1995 désigne certains constituants de l’alimentation (surtout des sucres et des fibres) qui ne sont pas digérés dans la partie haute de notre intestin. Ils peuvent alors être fermentés par nos bactéries et améliorer les fonctions gérées par la barrière intestinale. Les prébiotiques nourrissent donc nos bonnes bactéries internes.

 

La flore intestinale, notre atout santé ?

Les probiotiques peuvent booster notre microbiote. D’abord considéré comme un spectateur de l’intestin, celui-ci est vu maintenant comme un acteur, pouvant prévenir ou améliorer certains dérèglements.

Depuis dix ans, les probiotiques sont de plus en plus étudiés pour leurs effets bénéfiques potentiels sur la santé. Des études économiques montrent même un effet potentiellement positif sur la santé publique, notamment en ce qui concerne la prévention de la diarrhée et des infections pulmonaires. Certaines souches de bactéries sont soutenues par de nombreuses publications, pour leurs effets bénéfiques sur les fonctions immunologiques, métaboliques ou même psychologiques.

Une importante recherche également en cours concerne le cancer colorectal, qui est au 3e rang des cancers en France et la 2e cause de mortalité par cancer. Sachant que le microbiote participe à la protection du côlon et que sa composition est modifiée en cas de cancer colorectal, des pistes thérapeutiques vont pouvoir être explorées.

 

Le microbiote et les maladies inflammatoires et auto-immunes

Des modifications du microbiote intestinal ont été décrites au cours de certains dysfonctionnements de l’appareil digestif, telles que les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (maladie de Crohn et rectocolite hémorragique) ou le syndrome du côlon irritable. Son implication plus générale est également de plus en plus questionnée dans les immune-mediated inflammatory diseases. Ces pathologies regroupent les maladies dysimmunitaires, à la fois auto-inflammatoires et auto-immunes, qui impliquent toutes une réponse immunitaire inappropriée et une inflammation. Par exemple : le diabète de type 1, la polyarthrite rhumatoïde, le lupus érythémateux ou la sclérose en plaques.

Le microbiote et l’obésité et les troubles associés

Plusieurs études ont montré que le microbiote des sujets obèses différait de celui des non-obèses. Et d’autres études ont souligné que la perte de poids pouvait varier selon le profil de la flore. Il semble donc que le microbiote soit un acteur incontournable du gain ou de la perte de poids.

Des études d’intervention ont été initiées avec certains probiotiques. Parmi les quatre études en double aveugle contre placebo qui ont été menées avec des laits fermentés (probiotiques), trois ont montré une diminution de poids. On ne peut affirmer aujourd’hui que « les probiotiques font maigrir ». Mais il est possible que quelques souches puissent, dans certaines conditions, avoir un effet favorable sur le surpoids.

Aliments probiotiques et allergies

Les maladies atopiques responsables de dermatite (eczéma), d’asthme, de rhinoconjonctivites et d’allergies alimentaires résultent d’un déséquilibre immunitaire. Les différences observées dans le microbiote intestinal entre des enfants allergiques et non allergiques ont orienté des recherches vers les probiotiques. Pour l’instant, le bénéfice attendu semble se limiter à la dermatite atopique. Une supplémentation en certains probiotiques est donc recommandée durant la grossesse, l’allaitement et chez l’enfant, car elle peut réduire le développement de la dermatite atopique chez les enfants à haut risque familial.

Santé du Monde