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Les virus, nous les côtoyons tous les jours et parfois nous en faisons même les frais.

ZOOM SUR LES VIRUS


Les virus, nous les côtoyons tous les jours et parfois nous en faisons même les frais. Grippe, varicelle, SIDA ou encore Ebola: ces petites particules sont à l’origine de très nombreuses maladies plus ou moins graves.

 

Incapables de se multiplier uniquement grâce au matériel génétique qu’ils contiennent, les virus ont besoin d’un hôte pour mener à bien cette tâche. C’est pourquoi ils infectent tous types d’organismes, des bactéries à l’homme en passant par les animaux ou encore les plantes. Chaque virus possède un spectre d’hôtes possibles restreint, qui se résume parfois à une seule espèce. Néanmoins, certains virus peuvent avoir des hôtes différents et infecter aussi bien les humains que d’autres espèces animales, comme les oiseaux ou certains mammifères, le porc par exemple dans le cas du virus de la grippe, les chauves-souris pour le virus de l’Ebola, ou encore les tiques pour le virus de l’encéphalite à tiques. Pouvoir infecter avec succès un hôte dépend premièrement de l’interaction entre le virus et une cellule de l’hôte (selon le principe clé-serrure), mais aussi des protéines disponibles pour la multiplication du virus.

La transmission d’un virus peut se faire par l’air (toux, éternuement), par un vecteur comme le moustique (virus Zika par exemple), par des liquides corporels (Ebola par exemple), par contact sexuel (VIH par exemple) ou par voie oral-fécale (norovirus par exemple). Suite à la transmission, le virus doit interagir avec une cellule de l’hôte afin de pouvoir y pénétrer. Dans la cellule, le matériel génétique –un ADN double ou simple brin, ou un ARN double ou simple brin– sera utilisé pour exprimer les gènes viraux. Suite à l’assemblage des protéines virales avec ou autour du matériel génétique, les virus sont sécrétés ou bourgeonnent de la cellule pour être libérés. Dans ce dernier cas, les virus seront entourés d’une membrane dans laquelle sont insérées des protéines virales nécessaires à l’interaction avec le prochain hôte.

Norovirus

 

Le norovirus est une des causes les plus fréquentes d'épidémies de gastro-entérites. Ce virus de la famille Caliciviridae est résistant aux influences de l’environnement et peut rester infectieux sur une surface pendant plus de dix jours. Aussi appelé virus de Norwalk, il est très infectieux et se transmet la plupart du temps par voie orale en raison de la contamination de la nourriture, de l’eau, des surfaces ou des mains. Les principaux symptômes sont la diarrhée et des vomissements en jet. Dans une analyse de 2000 cas menée aux Etats-Unis, il a été estimé que jusqu’à 50% des diarrhées infectieuses étaient dues à ce virus.

Rhinovirus

 

Les rhinovirus représentent probablement la principale cause d’infections virales dans les pays tempérés. Ils sont à l’origine du rhume ou rhinopharyngite. Ces virus infectent et se multiplient dans l’épithélium nasal, et sont transmis lors de toux ou d’éternuements ainsi que par le contact avec des surfaces contaminées. Il s’agit d’un des plus petits virus, mesurant seulement 30 nanomètres (1 mètre contient un milliard de nanomètres), soit six fois plus petit que le virus de la variole. Au jour d’aujourd’hui, il n’existe pas de traitement contre les rhinovirus. Même si nous sommes capables d’établir une réponse immune, il existe une multitude de sérotypes différents de ce virus. C’est pour cela qu’on peut attraper plusieurs fois un rhume en une saison et qu’il est difficile de trouver un vaccin pour le combattre.

Virus de la grippe

 

La grippe résulte d’une infection par le virus influenzae qui se manifeste par des symptômes variés comme la fièvre, les myalgies, des céphalées, une pharyngite, entre autres. Le virus de la grippe sévit surtout pendant l’hiver et peut être dangereux pour les personnes affaiblies, les enfants ou les personnes âgées. De plus, la maladie peut être aggravée par une surinfection bactérienne. Le «réservoir naturel» du virus influenzae sont les oiseaux, mais ce virus peut être transmis dans certains cas à d’autres animaux, comme les porcs ou l’humain. Néanmoins, le virus ne devient une menace importante pour l’homme que s’il est modifié pour devenir capable de se propager d’homme à homme. Il peut alors causer une épidémie, voire une pandémie. Ayant un taux de mutation élevé, le virus influenzae est en constante évolution. C’est pourquoi le vaccin contre la grippe doit être adapté d’année en année.

Ebola

Le virus de l’Ebola a été découvert pour la première fois en 1976 au Soudan et en république du Congo, près de la rivière Ebola, d’où il tire son nom. Ce virus de la famille des Filoviridae cause une fièvre hémorragique se manifestant par une fièvre brusque, des signes grippaux suivis de vomissements, diarrhées, éruptions cutanées, insuffisance rénale et hépatique, et dans certains cas hémorragies externes et internes. Le réservoir naturel du virus sont probablement les chauves-souris frugivores saines. Elles infectent les primates ou l’homme par des liquides biologiques infectés. Le virus peut aussi être transmis à l’homme par d’autres animaux infectés ou par le contact avec des liquides corporels d’une personne infectée.

VIH

 

Les symptômes associés au virus de l’immunodéficience humaine (VIH) ont été décrits pour la première fois en 1981 chez cinq personnes qui souffraient d’une pneumonie à Pneumocystis, un champignon. L’infection virale a été découverte en très peu de temps et le virus a été isolé en 1983 par Françoise Barré-Sinoussi. Ce virus, qui est transmis par contact sexuel ou par transfusion sanguine, infecte des cellules du système immunitaire, les lymphocytes T. L’ADN produit par le virus sera intégré dans le génome de la cellule infectée et utilisé pour permettre au virus de se multiplier. La première vague de multiplication du VIH dans le corps va engendrer des symptômes de grippe, dus à la réaction immune de l’organisme contre le virus. Après ces premiers symptômes, le VIH rentre en phase latente, pendant laquelle le virus et les lymphocytes T se livrent à un combat continu, jusqu’à épuisement de ces derniers. Quelques années plus tard, lorsque le nombre de lymphocytes T aura drastiquement diminué, la personne infectée ne sera plus protégée contre des pathogènes opportunistes qui n’ont d’habitude pas de conséquences graves chez une personne en bonne santé. Une cascade d’infections ou de tumeurs inhabituelles se produit et entraîne la mort si un traitement n’est pas mis en place pour lutter contre le virus.

Papilloma humain

 

Le virus du papilloma humain appartient à la famille des Papillomaviridae. Il a été découvert en 1933 par Richard Shope, qui étudiait des lapins verruqueux. La découverte du lien entre ce virus et le cancer du col de l’utérus a valu en 2008 le Prix Nobel à l’allemand Harald zur Hausen. Il existe environ 200 types de ces virus dont certains infectent les humains. Certains types sont responsables de l'apparition de verrues, qui peuvent évoluer en cancer (utérus, anus). Environ 70% des femmes seront infectées par le virus, mais dans la majorité des cas elles guériront spontanément. Souvent considéré comme une maladie sexuellement transmissible, c’est en réalité le contact avec les verrues, aussi en dehors des organes génitaux (!), qui permet la transmission. Les préservatifs n’offrent donc qu’une protection partielle et non suffisante. Seules l’abstention totale de rapports sexuels ou la vaccination contre les sous-groupes les plus virulents et carcinogènes sont efficaces.

Zika

 

Le virus Zika est transmis par des moustiques. Il appartient à la famille des Flaviviridae, qui comprend aussi le virus de la fièvre jaune ou de l’hépatite C. Le virus Zika a été découvert en 1947 chez des singes de la forêt Zika en Ouganda. Depuis quelques années, le virus est apparu aussi en Micronésie et tout récemment en Amérique latine. Dans la plupart des cas l’infection est asymptomatique, mais dans environ 20% des cas les personnes infectées ont de la fièvre. Chez les femmes enceintes, il y a un danger de développement neurologique anormal du fœtus. Comme aucun traitement n’existe à ce jour, il reste essentiel de se protéger contre la transmission par le moustique.

Santé du Monde