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Une désaffection planétaire

Pourquoi les rapports sexuels sont de moins en moins fréquents

 

L'amour ne passionne plus autant les couples occidentaux. Les chercheurs s'interrogent sur les raisons de cette désaffection.

Une désaffection planétaire

Nous avons moins de rapports sexuels aujourd’hui qu’il y a quelques décennies. Par exemple, aux USA, un(e) Américain(e) avait en moyenne 53 rapports annuels au début de l’année 2010 contre 62 il y a 20 ans, soit une baisse de 15%.

C’est ce que rapportent les chercheurs Jean Twenge, Ryne Sherman et Brooke Wells dans Archives of Sexual Behaviour. Cette baisse est généralisée quels que soient le sexe, l’ethnie, la région, le niveau d'études et le statut professionnel, mais elle affecte plus les personnes mariées et les jeunes générations.

La désaffection ne touche pas que les Américains : elle semble planétaire. En 2013, l'Enquête britannique nationale sur les attitudes sexuelles et les modes de vie (Natsal) a révélé que les Britanniques âgés de 16 à 44 ans avaient des rapports sexuels moins de cinq fois par mois La précédente enquête, publiée en 2000, faisait état de 6,2 rapports par mois pour les hommes, et 6,3 pour les hommes. En 2014, l'Enquête nationale australienne sur l'activité sexuelle a montré que les personnes hétérosexuelles avaient des rapports en moyenne 1,4 fois par semaine, contre 1,8 fois 10 ans plus tôt.

"Plus assez de désir, plus assez de temps"

Certains chercheurs expliquent cette désaffection par la montée du porno, qui affecterait le désir sexuel en situation réelle. L’usage du porno entraînerait des dysfonctions sexuelles pouvant aller chez l’homme jusqu’aux troubles de l’érection (réversibles). Mais les études sont contradictoires : dans un article paru en 2015 dans la revue Sexual Medicine, les hommes qui regardaient du porno (40 minutes deux fois par semaine) avaient plus de libido.

Pour certains chercheurs le recours à la pornographie nuirait au mariage. Dans une étude menée en 2014, et dont les résultats sont publiés dans Eastern Economic Journal, les chercheurs Michael Malcolm et George Naufal ont trouvé une forte corrélation entre des niveaux élevés d'utilisation de l'internet et un faible taux de mariage, l’association étant encore plus nette pour les hommes qui regardaient régulièrement de la pornographie en ligne.

Les réseaux sociaux sont aussi accusés de constituer une distraction, les couples délaissant la vie sexuelle pour les écrans. On sait d’ailleurs que la présence d’une télévision dans une chambre réduit considérablement l'activité sexuelle.

D’autres facteurs sont étudiés de près, à commencer par le stress chronique, inhérent à la vie moderne, et l’insécurité qui touche les jeunes générations, celles-là mêmes les plus concernées par la baisse des rapports sexuels.

Contre cette "anorexie sexuelle", des spécialistes conseillent de décrocher du porno pour retrouver la libido avec son partenaire. Les massages, les méthodes antistress et toutes les situations qui encouragent l'intimité et la proximité sont recommandés. D'autres initiatives sont tentées un peu partout dans le monde comme au Japon, où des données récentes indiquant que 46% des femmes et 25% des hommes âgés de 16 à 25 ans «méprisent» le contact sexuel, le gouvernement encourage les entreprises à accorder des heures et des jours de congés supplémentaires aux employés pour inverser la tendance.

Santé du Monde