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Souffrant d’une leucémie, j’ai été greffée, je revis…

« Souffrant d’une leucémie, j’ai été greffée, je revis… »


Jocelyne, atteinte d’une leucémie myéloïde chronique, a été greffée en 2000. Elle avait 29 ans. Aujourd’hui, elle milite pour le don de moelle qui l’a sauvée.

 

Cela arrive sans prévenir, je ressentais juste une « fatigue »… Mon médecin m’a prescrit un bilan sanguin et le diagnostic est tombé brutalement. Toute ma vie, comme celle de ma famille, a basculé. J’étais mariée, j’avais une petite fille. Le monde s’écroulait devant moi et j’avais très peur de la fin.

Pendant plusieurs mois, j’ai reçu un traitement classique de chimiothérapie avec tous ses effets secondaires… Et il n’a pas apporté de résultats positifs. À l’époque, il n’y avait pas les traitements ciblés qu’il y a aujourd’hui. Le médecin qui me suivait à l’hôpital m’a alors parlé de la greffe de moelle osseuse. Ma sœur n’était malheureusement pas compatible. Il fallait donc attendre de trouver un donneur – le temps m’a paru long. Six mois après, enfin, on m’a informée l’avoir trouvé. L’hospitalisation a duré 5-6 semaines. Il faut faire un bilan pré-greffe, médical mais aussi psychologique, et la procédure est précédée d’une chimiothérapie de forte intensité. La période post-greffe est également difficile avec la prise de nombreux médicaments pour éviter rejet et infections et des consignes strictes concernant l’hygiène, l’alimentation…

Après la greffe, j’ai traversé une période d’incertitude. Il m’a fallu près de deux ans pour reprendre une vie normale, mais la greffe de moelle osseuse a été une renaissance. Une nouvelle vie commençait. Depuis, chaque année, je fête la date anniversaire de ma greffe – bientôt le 17e.

Les mauvais souvenirs sont maintenant très loin. J’ai repris ma vie d’avant. Je ne l’imaginais même pas tellement j’étais affaiblie à l’époque de la maladie et du traitement. Je travaille, je fais du sport. Je suis bien sûr encore suivie et me rends une fois par an à l’hôpital.

Le donneur, je ne sais pas qui sait, mais c’est forcément quelqu’un de bien ; en une journée, il a sauvé une vie ! Faites le geste, ce n’est pas douloureux et vous avez la possibilité de guérir quelqu’un. Renseignez-vous !

 

Réponses d'expert : Le don, un bel exemple de solidarité


Directrice du prélèvement et de la greffe de cellules souches hématopoïétiques, Agence de la biomédecine

De nombreuses maladies graves du sang comme les leucémies peuvent être soignées grâce à une greffe de moelle osseuse. En effet, lorsque la chimiothérapie ne donne pas les résultats escomptés, il reste l’option de la greffe de moelle osseuse. On recherche d’abord un donneur dans la fratrie : un malade a une chance sur quatre d’être compatible avec un frère ou une sœur.

Lorsqu’il n’y a pas de donneur compatible dans la fratrie, il est alors nécessaire de trouver un donneur non apparenté. Le médecin greffeur fait appel au registre France Greffe de Moelle pour y rechercher un donneur compatible. Cette probabilité est très rare : 1 chance sur 1 million. Il est donc capital de diversifier les profils des donneurs pour répondre au besoin unique de chaque malade. Le Registre français rassemble actuellement 263 000 donneurs. Nous recherchons d’autres volontaires, essentiellement des hommes jeunes âgés de moins de 30-40 ans pour rééquilibrer le Registre, composé à 65% de femmes. Pour donner, il faut avoir plus de 18 ans et moins de 51 ans lors de l’inscription, être en parfaite santé, et faire une prise de sang. Le don de moelle osseuse est anonyme. Chaque année, plus de 1200 greffes sont réalisées grâce à un donneur volontaire non apparenté.*

Santé du Monde