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Les personnes en excès de poids ont plus de risques que les autres de développer la maladie d’Alzheimer

L’OBÉSITÉ, UN FACTEUR DE RISQUE POUR LA MALADIE D’ALZHEIMER

 

Les personnes en excès de poids ont plus de risques que les autres de développer cette forme de démence. Pourquoi? Des études faites sur les souris apportent quelques éléments d’explication.

La maladie d’Alzheimer est encore entourée de nombreux mystères. On ne sait toujours pas ce qui provoque cette dégénérescence des neurones qui conduit peu à peu à des pertes de mémoire. En revanche, les études épidémiologiques ont permis de repérer plusieurs facteurs de risque de cette forme de démence. Outre la génétique – qui n’intervient que dans de rares cas – l’hypertension artérielle, les taux trop élevés de cholestérol, le diabète de type 2, un bas niveau d’éducation et, dans une moindre mesure, le tabagisme, ont ainsi été pointés du doigt.

Quant à l’obésité, elle semble elle aussi liée à l’émergence de la pathologie. Toutefois, tout dépend de l’âge. «Les personnes qui sont en surpoids à un âge moyen, aux alentours de 50 ans, ont un risque accru de développer une maladie d’Alzheimer lorsqu’elles atteindront 70 à 80 ans. En revanche, chez les plus âgées, la relation s’inverse: c’est une perte de poids qui est associée à la maladie», précise Nikolaos Samaras, chef de clinique à l’Unité de gériatrie de liaison des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG).

Action directe

Quoi qu’il en soit, on estimait jusqu’ici que l’obésité intervenait indirectement dans la démence. Qu’elle augmentait la résistance à l’insuline, donc le développement du diabète de type 2 qui est un important facteur de risque.

Toutefois, des chercheurs français de l’université de Lille viennent de montrer que l’excès de poids pouvait aussi avoir un effet direct, ne faisant pas intervenir la résistance à l’insuline, sur l’une des lésions spécifiques d’Alzheimer: l’accumulation de protéines Tau anormales dans les neurones.

Les biologistes ont utilisé des souris modifiées génétiquement pour développer une maladie neurodégénérative proche de celle qui affecte les humains. Pendant cinq mois, ils ont soumis certaines d’entre elles à un régime riche en graisse qui les a rendues obèses. C’est ainsi qu’ils ont constaté que, par rapport à leurs congénères restées minces, les animaux obèses avaient développé «une pathologie aggravée, tant du point de vue de la mémoire que des modifications de la protéine Tau», explique l’un des auteurs de l’étude.

Ces résultats fournissent une preuve expérimentale qu’il existe «un mécanisme potentiel supplémentaire qui pourrait être à l’origine de ce que l’on avait observé chez l’être humain, à savoir que l’obésité peut favoriser le développement de la maladie d’Alzheimer», commente Nikolaos Samaras. Une piste intéressante pour améliorer la prévention de cette forme de démence liée au vieillissement.

Santé du Monde