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Pourquoi grossit-on ?

" J'ai décidé d'arrêter de grossir "


C'est la saison où fleurit le « marronnier » (c'est ainsi que l'on nomme les sujets récurrents dans le journalisme) favori de la presse féminine : maigrir. Cette année, « J'ai décidé de maigrir », l'émission de M6 a apporté une dangereuse dimension médiatique supplémentaire. Paule Neyrat, diétécienne, nous renvoie à la raison dans nos assiettes.

 

Pourquoi grossit-on ?
Pourquoi ne dépense-t-on pas suffisamment d'énergie ?
Pourquoi mange-t-on trop ?
Pourquoi mange-t-on mal ?
Et les grignotages ?
Comment se sortir du guêpier sédentaire ?
Comment se sortir du guêpier alimentaire ?

 

Tous les régimes qui font perdre du poids rapidement, genre 10 kg en deux semaines, y compris ceux prescrits par des médecins, sont dangereux pour l'avenir de votre santé. Pourquoi ? Parce que lorsqu'on maigrit vite, en faisant pendant quelque temps une parenthèse alimentaire, on reprend inévitablement les kilos perdus. La raison en est très simple : une fois le régime terminé, on remange comme avant. Or, c'est cette alimentation d'avant qui a fait grossir.

La reprise de poids est plus ou moins rapide : quelques semaines à quelques mois. Mais elle est inévitable. Et elle peut conduire à l'obésité. En effet, lorsque les régimes se succèdent au cours des mois ou des années, l'effet yo-yo s'installe. Après chaque régime, on reprend un peu plus de poids que l'on en a perdu. Au cours de chacun, on en perd moins que lors de celui d'avant. Plus on collectionne ces aventures alimentaires, plus on grossit. On a vu et entendu plusieurs témoignages sur ce triste phénomène lors des différents plateaux de l'émission de M6.Il faut donc maigrir doucement en modifiant ses habitudes alimentaires, c'est-à-dire mettre de côté les mauvaises pour adopter les bonnes.

Pourquoi grossit-on ?

La prise de poids vient toujours d'un décalage entre les calories apportées par les aliments et celles dépensées. Quand l'apport alimentaire est supérieur à l'énergie évacuée, la différence s'accumule sous forme de graisse. Selon le tempérament, l'hérédité, les circonstances de la vie, l'environnement, l'état psychologique, ce processus est plus ou moins rapide mais inéluctable. Il en est de même à tous les âges.

Pourquoi ne dépense-t-on pas suffisamment d'énergie ?

Parce que tout concourt à la sédentarité : voitures, ascenseurs, escaliers roulants, climatisation, mécanisation, informatisation. Toutes sortes de machines remplacent les mouvements. Le progrès économique et industriel continue d'apporter de plus en plus de confort. Mais la face noire de ce progrès, c'est la diminution constante de la dépense énergétique humaine.

Pourquoi mange-t-on trop ?

Parce que l'alimentation est à portée de mains partout, facile à avaler à n'importe quelle heure et en tout endroit. Nous sommes presque en permanence dans un environnement alimentaire. Du coup, l'acte de manger a perdu sa valeur. Sa banalité, sa facilité nous ont fait perdre nos repères, l'essentiel étant la sensation de faim. On mange au-delà de ses besoins énergétiques parce qu'on mange souvent sans faim.

Mais manger, surtout quelque chose de gras et sucré, fait du bien, apaise, console, comble un vide. Comment ? En suscitant la sécrétion de neuromédiateurs, les endorphines. Elles furent un temps baptisées du nom évocateur de « molécules du bonheur ». Cet environnement alimentaire fait que ce tranquillisant naturel se trouve en permanence à portée de bouche. Or, ces endorphines, nous les sécrétons aussi lors d'un effort physique. Mais il est plus facile, plus normal, d'en susciter la fabrication en mangeant plutôt qu'en marchant.

Pourquoi mange-t-on mal ?

Pour plusieurs raisons. Les unes viennent de cette profusion alimentaire, de l'industrialisation de l'alimentation qui a mis et continue de mettre sur le marché des produits trop gras. Les autres trouvent leur origine dans la cacophonie diététique installée depuis des décennies. Nocivité, interdiction ou limitation des glucides ont mis le pain, les féculents et les légumes secs au banc des accusés de l'alimentation dans les années 70 quand on connaissait encore très mal le diabète. Le sucre, aliment interdit, devenait alors source de péché donc de désir. Tandis qu'avec le développement des maladies cardiovasculaires, certaines graisses - margarines et huiles - se sont vues dotées d'une image bénéfique. On a alors trop souvent omis de bien préciser que la moitié de nos calories quotidiennes doit être apportée par les glucides et que, fruits et légumes en contenant peu, il faut bien manger d'importantes quantités de ces aliments « maudits » pour satisfaire ce besoin physiologique. C'est ce que faisaient nos ancêtres.

Et les grignotages ?

Ils sont souvent responsables des kilos en trop. Leurs causes ? Petite faim parce que le repas a été insuffisant en glucides (pas assez de pain). Coup de stress, d'inquiétude, d'angoisse consciente ou inconsciente : on s'apaise ainsi. Habitude, tout simplement, prise dans l'enfance quand on a eu une maman laxiste sur le plan alimentaire.

Comment se sortir du guêpier sédentaire ?

En augmentant sa dépense physique, cela va de soi. Mais on n'a pas vraiment besoin d'aller dépenser des fortunes dans une salle de gym. Il existe une méthode plus économique et plus facile à mettre en place.

Elle consiste à :

fuire systématiquement escalators et ascenseurs, même quand on travaille ou vit dans une tour : on les utilise pour quelques étages seulement ;
à marcher, pas seulement pendant les week-end au cours d'une balade familiale, mais tous les jours en faisant ses courses, en allant chercher sa baguette de pain à pieds, en descendant du bus ou du métro une station avant, en faisant les trajets à l'école à pieds lorsque celle-ci est à moins d'un kilomètre de la maison (il faut 15 minutes en marchant lentement pour faire 1 km !);
à garer sa voiture loin de son lieu de rendez-vous.

Comment se sortir du guêpier alimentaire ?

En freinant sur les lipides et en consommant plus de glucides.La méthode est très simple :

limiter la consommation de corps gras (beurre, margarine et huile) à 30/35 g par jour pour les messieurs, 20/25 g pour les dames ;
utiliser des plats cuisinés du commerce et des pizzas à domicile seulement en cas de très grande détresse du réfrigérateur ;
équilibrer son repas avec seulement un aliment gras au menu : une charcuterie en entrée ? Pas de fromage mais un laitage pour le terminer.
manger 125g (pour les dames) à 250g de pain (pour les messieurs) par jour. Soit une demi baguette féminine et une baguette masculine.
consommer des pâtes, du riz, des pommes de terre ou des légumes secs au moins à un des deux repas de la journée.
terminer plus souvent son repas avec un laitage (yaourt ou fromage blanc) et un fruit plutôt qu'avec du fromage et une pâtisserie ou une crème dessert ;
s'enlever de l'idée que les aliments ci-dessus font grossir : il suffit de les cuisiner avec peu de gras car c'est lui qui se stocke.
boire de l'eau (1, 5 litre par jour) et considérer définitivement que les boissons sucrées sont nocives car elles apportent trop de sucre pur lequel déséquilibre. Un verre de temps en temps, jamais plusieurs par jour.
manger lentement en mâchant bien : la satiété arrive plus vite lorsqu'on prend son temps et qu'on n'avale pas tout rond. La majorité des obèses sont des mangeurs rapides.
manger à sa faim et jamais au-delà. Écouter ses sensations et dès que le plaisir disparaît, s'arrêter de manger.

En freinant sur les lipides et en consommant plus de glucides.


 

Santé du Monde