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Les régimes hyperprotéinés

RÉGIMES AMAIGRISSANTS: FAUSSES PROMESSES ET EFFET YOYO


Classiques ou totalement nouvelles, les méthodes pour maigrir se bousculent dans les pages des magazines pour nous persuader que la perte de poids sera rapide et durable. Or, les médecins savent bien qu’il n’en est rien. Les spécialistes sont formels: les grammes perdus par ces différents moyens, souvent très contraignants, sont inévitablement repris. C’est le fameux «effet yoyo»: au bout d’un moment, on ne suit plus le régime et l’on retrouve l’alimentation qui nous avait fait grossir. De plus, ces diètes prennent peu en compte les habitudes et représentations individuelles liées à la nourriture, et n’apprennent donc pas comment conserver un poids de forme. Décryptage de quelques régimes tendance et de leurs dangers avec Dominique Durrer, médecin spécialiste de la nutrition et de l’obésité à Vevey.

 

Les régimes hyperprotéinés

 

Les régimes Atkins et Dukan, entre autres, se basent sur une alimentation très protéinée, car les protéines coupent complètement la faim. En parallèle, comme on ingère peu de glucides, on entre dans un état dit de cétose où le corps puise de l’énergie dans les graisses. «On peut suivre ces régimes pendant un certain temps et perdre du poids, analyse le Dr Durrer. Mais on en reprend ensuite.» Le médecin met aussi en garde contre les repas hyperprotéinés en sachets, «souvent au goût très mauvais, produisant parfois des problèmes gastriques et dénaturant le rapport à l’alimentation.»

Le jeûne intermittent

 

Parmi les derniers régimes à la mode, le jeûne intermittent consiste à manger normalement cinq jours de la semaine et à jeûner les deux jours restants en ingérant des protéines mais presque aucun glucide. Le Dr Durrer ne voit pas de danger particulier pour la santé à suivre une telle diète mais elle ne conviendra qu’à certaines personnes. En effet, adopter un tel régime à long terme est risqué car se priver de nourriture pendant deux jours peut faire apparaître des troubles du comportement alimentaire.

La chrononutrition

 

Ces régimes se basent sur l’hypothèse que manger certains aliments à certains moments de la journée permet de perdre du poids ou, du moins, de ne pas en gagner. Cela impose par exemple un petit-déjeuner riche en lipides et pratiquement exempt de glucides, un repas de midi hyperprotéiné et des fruits au goûter. «Quelques études ont montré chez la souris que les graisses étaient mieux métabolisées selon le moment où elles étaient ingérées, explique le Dr Durrer. Mais ce n’est pas prouvé chez l’être humain. Ces régimes sont, de plus, plutôt riches en graisses et pas hypocaloriques.» Mais surtout, ils ne permettent aucune souplesse – et sont trop restrictifs sur certains points.

Le régime paléo

 

Prétendant reconstituer le régime de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs, le régime paléo proscrit la nourriture industrielle, les produits laitiers et les céréales. Les médecins recommandent certes de manger un minimum de plats préparés, mais le régime paléo demeure «complètement déséquilibré», assène le Dr Durrer. «Il va vous manquer les fibres que l’on trouve dans les céréales complètes. Et le calcium que l’on trouve dans les laitages: si vous ne buvez pas d’eau riche en calcium, vous aurez des carences.» Le régime étant très restrictif, on risque fortement de «craquer» et reprendre du poids.

Le programme Weight Watchers®

 

Weight Watchers® propose un régime pauvre en calories et en graisses combiné à différents modes de soutien. Pour le Dr Durrer, c’est le régime le moins dangereux: assez équilibré et sans trop de restrictions. «Son inconvénient principal est d’être assez cher. Et il n’a pas de versant psychologique pour aborder d’éventuels troubles du comportement alimentaire.» Comme tout régime amaigrissant, il doit être poursuivi à vie si l’on entend ne pas reprendre du poids. Toutefois la spécialiste n’exclut pas une pérennisation chez certains: «Compter les points (représentant un capital d’apport énergétique à dépenser sur une semaine, ndlr) est fastidieux mais peut devenir naturel.»

Santé du Monde