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Vous pensez vraiment qu'il faut bannir toute frustration des régimes ?

Comment supporter la frustration quand on fait un régime pour mincir ?


« La vérité, c'est que le mot « régime » ne devrait plus jamais être assimilé aux mots frustration, obligation, devoir, ou austérité » explique le Dr Nathalie Sprung médecin nutritionniste à Paris qui a accepté d'être interviewée .

 

Vous pensez vraiment qu'il faut bannir toute frustration des régimes ?
Pourquoi est-ce mauvais d'être frustré ?
Comment faire alors pour bien manger sans frustration ?
Pourquoi est-il préférable de commencer un régime encadré par un médecin ?
Comment peut-on juger qu'un régime est couronné de succès ?
Quel est l'intérêt d'un régime plus lent sans privation ?
C'est facile à dire qu'il ne faut pas de frustration, mais en pratique, comment faire ?
Pouvez-vous nous donner quelques exemples d'erreurs courantes ?

Vous pensez vraiment qu'il faut bannir toute frustration des régimes ?

Dr Nathalie Sprung : Oui, parce qu'en fait, on ne doit jamais vraiment faire un régime, mais changer de mode de vie, de façon de manger, il faut faire un apprentissage qui doit absolument être intégré à votre mode de vie. Par exemple, si vous avez 5 repas d'affaire par semaine, vous devez pouvoir continuer à faire ces repas en choisissant mieux vos aliments. Mais la solution n'est certainement pas de refuser ces repas d'affaire.

Pourquoi est-ce mauvais d'être frustré ?

Dr Nathalie Sprung : Parce que la frustration est toujours une privation et elle entraîne un manque. Or le manque agit sur le cerveau. Plus vous êtes en manque perpétuel, plus vous vous sentez malheureux et ce n'est pas compatible à long terme avec un bon résultat de régime. On observe, en cas de frustration trop importante, des épisodes de boulimie ou d'hyperphagie réactionnelle compensatoire. Ce qui fait que trop se priver donne les résultats inverses à ceux recherchés. Voici un exemple : une de mes patientes de 36 ans que je nommerais Mathilde se contrôlait « à mort » à 1500 calories par jour. Du coup, à deux heures du matin, elle se réveillait toutes les nuits pour manger des gâteaux tellement elle avait faim. Car l'hypothalamus, une glande du cerveau, garde en mémoire le trop peu (ou le trop plein) qu'il a eu dans les 24 heures. Et Mathilde grossissait au fil du temps, en se privant toute la journée, tous les jours !

Comment faire alors pour bien manger sans frustration ?

Dr Nathalie Sprung : Quand un régime fonctionne bien, on ne se frustre pas, on a choisi un comportement que l'on a intégré dans son mode de vie, et il ne nous frustre pas, il nous convient.

Pourquoi est-il préférable de commencer un régime encadré par un médecin ?

Dr Nathalie Sprung : On passe un contrat moral avec le médecin nutritionniste et ce contrat doit convenir à la fois à la personne qui consulte et au médecin. Le médecin doit écouter son patient, s'adapter à lui et se sentir impliqué dans le succès. Il n'y a pas de régime stéréotypé. Chaque individu est différent, chaque régime doit l'être. Un régime que l'on n'arrive pas à suivre est un mauvais régime !

Comment peut-on juger qu'un régime est couronné de succès ?

Dr Nathalie Sprung : Le succès d'un régime se juge à moyen et long terme, jamais à court terme. Car plus on perd vite, plus on doit se frustrer, et plus on perd de l'eau et des muscles au lieu de perdre des graisses, ce qui n'est pas le but recherché.

Quel est l'intérêt d'un régime plus lent sans privation ?

Dr Nathalie Sprung : C'est qu'il s'agit d'un régime adapté à votre mode de vie. Donc vous n'allez pas vous sentir déprimé, incapable d'y arriver, et vous allez trouver votre poids de forme en gardant votre joie de vivre et votre plaisir de manger !

C'est facile à dire qu'il ne faut pas de frustration, mais en pratique, comment faire ?

Dr Nathalie Sprung : Il ne faut rien interdire, mais ré-apprendre, accepter de refaire son éducation alimentaire. Et croyez moi, il y a du travail, car souvent les personnes qui croient faire beaucoup d'erreurs font bien, et celles qui croient ne pas en faire en font.

Pouvez-vous nous donner quelques exemples d'erreurs courantes ?

Dr Nathalie Sprung : Par exemple, l'idée que les pâtes font grossir, ou encore qu'il ne faut pas manger de protéines le soir, que le pain fait grossir ou qu'il faut éviter la viande. Et puis l'idée qui est tout à fait fausse qu'il ne faut manger que des produits allégés pour maigrir. Au contraire, il faut donner de bons aliments à son corps. Ce qui compte, c'est la qualité des aliments encore plus que la quantité.


 

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