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Souvent taboues, les hémorroïdes sont surtout douloureuses.

Quand et comment opérer les hémorroïdes ?

 

Souvent taboues, les hémorroïdes sont surtout douloureuses. Quand l'intervention s'avère inéluctable, une technique novatrice, Rafaelo, utilisant la radiofréquence permet de traiter les hémorroïdes internes en quelques minutes seulement.

Sujet tabou, les hémorroïdes sont pourtant banales. D'ailleurs, nous en avons tous, souvent sans le savoir. Mais sous l'effet d'une constipation chronique, d'efforts de poussée répétés ou de station assise prolongée, des artères, veines ou fibres musculaires situées dans l'anus ou le rectum peuvent gonfler, descendre dans le canal anal et saigner. Ces hémorroïdes internes ne sont ni contagieuses ni douloureuses, ne s'infectent pas et ne dégénèrent pas en cancer, mais sont parfois très gênantes.

Avant l'opération, lutter contre la constipation

La première cause de soucis d'hémorroïdes est un transit paresseux. Pour les prévenir, il faut donc manger davantage d'aliments riches en fibres. On peut aussi compléter avec des mucilages, des régulateurs doux du transit (psyllium, gomme de guar...) à prendre chaque jour. La dose nécessaire varie selon les personnes.

En vente libre en pharmacie, ces médicaments sont sans risque : ils ne passent pas dans le sang et agissent comme de bonnes fibres, sans provoquer de ballonnements. Attention en revanche, les laxatifs irritants (Fuca, Dulcolax, ou à base de plantes... ), également en vente libre, ne doivent pas être utilisés au long cours. Dans la moitié des cas, cela suffit pour que des hémorroïdes peu importantes (grades 1 et 2) dégonflent. Dans les autres cas, ou si elles sont plus volumineuses, un gastro-entérologue ou proctologue devra sans doute intervenir. En attendant, prendre un anti-inflammatoire(ibuprofène, sauf en cas de grossesse) et demander au pharmacien des suppositoires ou une pommade antihémorroïdaire (avec de l'oxyde de zinc), pour limiter les saignements, ou des anesthésiques locaux, pour calmer la douleur.

Qu'est-ce que la ligature ?

Si elles ne sont pas trop importantes, il est possible de ligaturer le paquet d'hémorroïdes (nous avons tous 3 ou 4 paquets d'hémorroïdes) en posant un élastique à sa base pour le priver de sang. Cette intervention indolore se pratique sans anesthésie chez un proctologue. L'élastique tombe au bout de quelques jours, et la plaie guérit en une à deux semaines : l'hémorroïde remonte alors au-dessus du canal anal. S'il y a plusieurs paquets d'hémorroïdes, on effectue une autre ligature un mois plus tard.
Dans 10 % des cas, cela peut être douloureux pendant 24 à 48 heures, et si on ne traite pas la cause (constipation), on s'expose à des récidives. Lorsque la gêne est due aux saignements, on préférera délivrer un courant infrarouge (photocoagulation) sur l'hémorroïde.
Une à deux semaines plus tard, la croûte de la coagulation tombe et s'évacue spontanément. En détruisant les petits vaisseaux, on limite les saignements, mais ce n'est pas toujours efficace et plusieurs séances sont nécessaires.

Quelles techniques chirurgicales ?

Lorsque ces traitements ne suffisent pas (5 à 6 % des cas), que les hémorroïdes sont plus importantes ou qu'elles sortent de l'anus, il faut généralement avoir recours à des techniques plus invasives. Elles sont efficaces, mais impliquent des soins postopératoires et une reprise d'activité progressive.
La première, l'anopexie circulaire (technique dite de Longo), consiste à « agrafer » les artères qui nourrissent les hémorroïdes, après les avoir remontées dans le rectum pour les maintenir en place à cet endroit. Elle se pratique sous anesthésie générale.
L'opération nécessite un arrêt de travail d'une à trois semaines, une prescription d'antidouleur et d'anti-inflammatoires et rend les rapports anaux impossibles pendant un an.

Autre solution : retirer totalement les hémorroïdes(hémorroïdectomie), là encore sous anesthésie générale. Les suites de cette intervention peuvent être douloureuses et un arrêt de travail de trois semaines s'impose.

Rafaelo, une technique innovante et prometteuse

Depuis peu, une nouvelle intervention, la procédure Rafaelo, révolutionne la prise en charge des hémorroïdes internes, dans une vingtaine de centres en France. Basée sur l'utilisation de la radiofréquence, comme dans le traitement des varices, elle permet d'obtenir des résultats tout aussi satisfaisants trois mois après l'opération, mais avec moins de douleurs et surtout aucun arrêt de travail. Sous anesthésie générale (à l'hôpital ou en clinique), après l'injection d'un mélange d'anesthésique et de sérum physiologique entre le muscle et l'hémorroïde, l'électrode délivre les ondes de radiofréquence pendant 10 à 20 secondes sous, puis sur l'hémorroïde. Celle-ci va alors commencer à se rétracter et se dessécher « comme un pruneau ».
Un mois plus tard, les croûtes tombent et s'évacuent spontanément par l'anus. Le Dr Tarrerias y voit de nombreux avantages : l'intervention s'effectue en ambulatoire dans la journée ; les suites sont moins douloureuses ; il n'y a pas de plaie cutanée, donc pas de soins postopératoires, et l'on peut reprendre ses activités dès le lendemain.

 

Santé du Monde