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 RÉPONDRE

La France se donne les moyens de bloquer les OPA étrangères !

Par décret, la France vient de durcir ses procédures applicables aux investisseurs étrangers souhaitant racheter des entreprises françaises ! Les groupes étrangers devront désormais obtenir l'aval du gouvernement pour tout rachat d'une entreprise française dans les secteurs suivants, jugés “stratégiques”: énergie, eau, transports, télécoms et santé.

Jusqu'à présent, le feu vert de l'Etat n'était requis que pour une liste réduite de secteurs clés, dont le nucléaire, les technologies de cryptage et les vaccins, inclus dans un précédent décret de décembre 2005 de Dominique de Villepin, alors Premier ministre.

Le dossier Alstom

Premier dossier concerné par ce décret surprise : la bataille en cours entre General Electric et Siemens pour le rachat de la branche Energie d'Alstom. Bercy a confirmé que le nouveau texte s'appliquerait à cette offre, tout en se défendant de vouloir la bloquer..."Ce texte va nous permettre d'avoir un dialogue et une négociation plus sereine avec GE et Siemens et de faire entendre nos exigences autrement", explique un porte-parole. L'autorisation de prise de contrôle devra être délivrée par le ministre de l'Economie, et un refus empêcherait le rachat, mais pourrait être contesté devant le Conseil d'Etat, précise le décret publié dans le Journal Officiel de ce jeudi. Daté du 14 mai, le texte est signé par le Premier ministre Manuel Valls et le ministre l'Economie Arnaud Montebourg.

Négocier

Ce texte n'a pas forcément vocation à être appliqué, mais à forcer les groupes étrangers à entamer des négociations avec l'Etat sur les conditions de leurs offres, laisse-t-on entendre à Bercy. Rappelons qu'Arnaud Montebourg s'est exprimé ouvertement en faveur de l'offre de l'allemand Siemens sur Alstom, plaidant pour la création de poids-lourds de l'industrie européenne. Dans un entretien publié par 'Le Monde' daté de jeudi, le ministre estime que ces mesures “sont une reconquête de notre puissance. Nous pouvons désormais bloquer des cessions, exiger des contreparties”. “Au besoin, le gouvernement pourra demander des engagements spécifiques ou imposer des conditions à la réalisation des investissements concernés, afin de garantir la préservation des intérêts du pays”, a précisé ce matin le ministre de l'Economie dans un communiqué.
 
Ce nouvel accès de patriotisme économique, annoncé à 10 jours des élections européennes, pourrait convaincre certains électeurs inquiets de la perte d'influence de la France, mais il pourrait aussi décourager à l'avenir les investisseurs étrangers d'investir dans le pays, alors que la croissance et l'emploi sont en berne en France... Les études divergent toutefois sur l'attractivité de la France : en début d'année, un rapport des Nations-Unies (Cnuced) avait évoqué un plongeon de 77% des investissements directs étrangers en France en 2013. Mais le 29 avril, un rapport de l'Afii (Agence française pour les investissements internationaux) a jugé que l'attractivité du pays “s'est maintenue en 2013?en dépit d'un contexte économique difficile”, avec 685 nouveaux projets (contre 693 en 2012) permettant la création ou le maintien de 29.631 emplois (contre 25.908 l'an dernier), selon l'Afii.

Santé du Monde