Vient de paraître Maison Sport-Santé près de chez moi : ce qu'on y fait, ce que ça coûte

Forme et mouvement

Maison Sport-Santé près de chez moi : ce qu'on y fait, ce que ça coûte

581 adresses en France, ouvertes sans ordonnance et même quand on n'est pas malade. Ce qui se passe au premier rendez-vous, la fourchette de tarifs que le label n'encadre pas, et comment trouver la plus proche.

Par Marion Vuillemin Publié le 18 octobre 2026 6 min de lecture

Un tapis de sol roulé et une paire de baskets posés contre un mur de salle communale

Mardi 10 mars, sixième séance de l’atelier que je coanime avec Hélène Bourgeois. Une participante de 58 ans raconte qu’elle a arrêté de bouger en changeant de poste, qu’elle voudrait s’y remettre, et qu’elle n’ose aller nulle part parce qu’elle n’a rien. Pas de maladie, pas d’ordonnance, rien à montrer. À trois kilomètres de cette salle, il y a une Maison Sport-Santé. Ni elle ni moi ne le savions.

Elles sont 581 en France, présentes dans tous les départements métropolitains, créées en 2019 par les ministères des Sports et de la Santé. Leur travail : t’asseoir en face de quelqu’un formé à l’activité physique adaptée, regarder où en est ton corps, et te sortir quelque chose que tu tiendras. Sans ordonnance, et sans être malade. La question revient à chaque atelier : tu n’es pas la seule à croire que ce n’est pas pour toi. Ouvre la carte du ministère, tape ton code postal, ça prend trente secondes. Tu sauras avant la fin de cette page si tu en as une à côté.

Ce qu’il y a derrière le label

Une Maison Sport-Santé est une porte d’entrée, pas une salle de sport. Quelqu’un t’écoute, mesure où tu en es, et te dit vers quoi aller. Certaines gardent ensuite leurs inscrits et font les séances sur place. D’autres t’envoient vers une association du quartier et te rappellent trois mois plus tard.

Derrière le même panneau, les structures n’ont rien à voir entre elles. L’inspection générale des affaires sociales a compté, dans son rapport d’octobre 2025 : 61,5 % sont portées par des associations, 17,5 % par des collectivités, 9 % par des sociétés commerciales, 8 % par des établissements publics de santé. Un centre hospitalier et une association de quartier portent le même label.

2019l'année de création

581maisons en France

870 000personnes accompagnées depuis

On y va sans ordonnance, et sans être malade

C’est le point que tout le monde rate, et je l’ai raté aussi. Le mot « santé » fait penser à une consultation, donc à une maladie, donc à un papier signé par un médecin. Le dispositif est écrit dans l’autre sens. Le premier public visé, ce sont les personnes en bonne santé, à n’importe quel âge, qui n’ont jamais pratiqué ou qui n’ont plus rien fait depuis longtemps. Viennent ensuite celles qui ont une affection de longue durée ou une maladie chronique, celles qui cumulent des facteurs de risque comme la sédentarité ou le tabac, et celles qui perdent en autonomie avec l’âge ou un handicap.

190 000personnes accompagnées en 2024 sans aucune pathologie déclarée

Un chiffre à connaître avant de t’inscrire : parmi les adultes accueillis, l’Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité compte 74 % de femmes. Un homme y sera en minorité, et ça se demande au téléphone avant de choisir son créneau.

Ce qui se passe quand tu pousses la porte

Je n’ai jamais enseigné dans une Maison Sport-Santé, je décris ce que le ministère et les enquêtes annuelles décrivent. Tu appelles, ou tu passes. On te propose un rendez-vous individuel. Un éducateur formé à l’activité physique adaptée fait un bilan de départ : souplesse, force de préhension, équilibre, ce que donne ton souffle sur un test de marche. Personne ne te chronomètre devant les autres, et tu repars avec des repères chiffrés qui sont les tiens, pas une moyenne nationale.

De ce bilan sort un programme, et c’est là que les maisons divergent. 92 % d’entre elles proposent de l’activité physique adaptée, 62 % des activités sportives ordinaires, et 54 se déplacent avec une structure mobile pour aller là où il n’y a rien. Certaines te feront pratiquer chez elles pendant six mois, d’autres s’arrêtent à l’orientation et te confient à un club.

Le bilan de départ n’est pas facturé partout pareil : dans certaines régions, l’agence régionale de santé le finance et il ne te coûte rien ; ailleurs il entre dans la cotisation. C’est la première question à poser au téléphone.

Le prix ne se lit pas sur le label

Le cahier des charges du label ne fixe aucune contrainte de tarif. Aucune. La même inspection relève des tarifications qui vont de la gratuité à 180 ou 250 € le trimestre, et note au passage que quelques maisons coûtent plus cher qu’une salle de sport d’entrée de gamme.

Dans les faits, la plupart restent abordables, parce que le réseau est largement associatif. Une maison financée par la caisse primaire d’assurance maladie sur un quartier prioritaire peut être presque gratuite. Une autre, adossée à une ville, applique un tarif au quotient familial. Rien de tout ça ne se devine sur la carte.

Je vends des cours de yoga et je te le dis quand même : 250 € le trimestre, ça fait 1 000 € l’année. À ce prix-là, va d’abord voir le club de gymnastique volontaire du coin.

Deux maisons voisines ne font pas le même travail

Le rapport d’octobre 2025 est net : le dispositif répond à un besoin, et il est hétérogène. Statuts, offres, tarifs, encadrement, tout varie d’une adresse à l’autre. Les inspecteurs proposent de classer les maisons en deux ou trois niveaux, pour qu’un label veuille dire la même chose partout.

La raison est financière. L’argent de l’État est passé de 0,8 million d’euros en 2020 à 16,5 millions en 2025, mais il se décide d’une année sur l’autre, par appels à projets. Une maison qui perd sa subvention réduit ses créneaux, et tu l’apprends en appelant.

À quoi ça se compare

Trois autres portes existent, et elles ne demandent pas la même chose.

OùPour quiCe qu’on y trouve
Maison Sport-Santétout le monde, sans ordonnancebilan, programme, orientation
Prescri’mouv, Prescriforme et les autres dispositifs régionauxadultes en affection de longue durée, sur prescriptionactivité adaptée, parfois aidée
Club ou association sportivetout le monde, contre une licencedes cours, pas de bilan
Salle de sport commercialetout le monde, contre un abonnementmachines, coach en option

Le sport sur ordonnance s’adresse donc à des adultes déjà malades. Un club t’accueille tout de suite mais ne mesurera rien, et une salle commerciale ne te rappellera pas si tu arrêtes en novembre.

Trouver la Maison Sport-Santé la plus proche de chez toi

La carte interactive est sur le site du ministère des Sports, avec la même liste en tableau si tu préfères lire. Noms, adresses, numéros, sites : tout y est, département par département.

Puis tu appelles, avant de te déplacer. Cinq questions suffisent : combien coûte l’année, si le bilan de départ est facturé, qui encadre les séances et avec quel diplôme, si on pratique sur place ou si on t’oriente ailleurs, et à quelles heures. La dernière est celle qui fait renoncer les gens six semaines plus tard. Une maison très bien dont tous les créneaux tombent à 14 h ne te servira à rien si tu travailles.

Et si la plus proche est à quarante minutes de route, note quand même le numéro avant de fermer la carte. Cinquante-quatre de ces maisons se déplacent, ça ne se lit sur aucune adresse, et ça se demande au téléphone.

Ce que tu lis ici décrit des mécanismes et des gestes du quotidien. Rien n'y remplace un médecin, et un symptôme qui dure ou qui revient se montre plutôt qu'il ne se cherche en ligne.

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