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Sexualité et intimité

Taille moyenne du pénis : 13,12 cm, mesurés sur 692 hommes seulement

La taille moyenne du pénis en érection, 13,12 cm, vient d'une revue de 2015 qui a mesuré 692 hommes, pas 15 521. Où se tiennent 90 % des hommes.

Par Marion Vuillemin Publié le 1 janvier 2020 7 min de lecture Avec un calculateur

Un carnet à spirale fermé, une tasse de café et un mètre ruban enroulé sur une table en bois.

« Est-ce que 12 centimètres, c’est petit ? » La question est arrivée un mardi de mars dans ma boîte mail, envoyée par le compagnon d’une femme qui vient à mes cours. Il n’était venu à aucun atelier. Il a écrit quatre lignes, deux jours après que sa compagne m’a dit qu’il n’en dormait plus. Tu n’es pas le seul à envoyer ce mail : c’est la question d’homme que je reçois le plus souvent, et jamais à voix haute.

Je ne suis pas urologue, alors je suis allée chercher ce que vaut la taille moyenne du pénis quand elle est mesurée pour de bon. Elles tiennent dans une revue publiée en 2015 par David Veale et son équipe du King’s College de Londres, dans le BJU International, qui a rassemblé dix-sept études où la mesure avait été prise par un soignant, jamais déclarée par l’intéressé. Le chiffre qui en est sorti circule depuis dix ans accolé à un effectif qui n’est pas le sien.

La taille moyenne du pénis ne repose pas sur 15 521 hommes

15 521, c’est le total des hommes de toutes les études réunies. L’effectif de la mesure en érection est ailleurs, et il est beaucoup plus petit.

La longueur en érection a été relevée chez 692 hommes. Six cent quatre-vingt-douze. Le tour de la verge en érection, chez 381. Ce sont les deux plus petits échantillons de toute la revue, et ce sont les deux valeurs qui se retrouvent partout.

Les grands effectifs sont ailleurs. Mesurer une érection en consultation demande une injection ou un temps que peu de protocoles s’accordent, donc les études ont mesuré autre chose : la verge au repos, et la verge au repos tirée en avant, ce que les urologues appellent la longueur étirée. Cette dernière porte 14 160 hommes, et c’est elle qui sert de repère en clinique parce qu’elle s’approche de la longueur en érection.

MesureMoyenneÉcart-typeHommes mesurés
Longueur au repos9,16 cm1,57 cm10 704
Longueur étirée13,24 cm1,89 cm14 160
Longueur en érection13,12 cm1,66 cm692
Tour au repos9,31 cm0,90 cm9 407
Tour en érection11,66 cm1,10 cm381

Les auteurs signalent eux-mêmes la faiblesse : peu de mesures en érection ont été faites en cadre clinique, et c’est sur la longueur étirée que les études divergent le plus entre elles.

Où se tiennent quatre-vingt-dix hommes sur cent

Une moyenne ne rassure personne. L’étalement, si, et il est serré.

Avec une moyenne de 13,12 cm et un écart-type de 1,66 cm, quatre-vingt-dix hommes sur cent tombent entre 10,4 et 15,9 cm en érection. Toute la population, moins les extrêmes, tient dans cinq centimètres et demi.

Un homme à 11 cm est déjà au-dessus de un sur dix. Et 15 cm, la mesure que beaucoup rangent dans le normal haut, se situe au-dessus de quatre-vingt-sept hommes sur cent. La règle est graduée en centimètres, l’écart réel se joue en millimètres.



Le seuil clinique, lui, est bas : le micropénis se définit à deux écarts-types et demi sous la moyenne, soit 8,5 cm en longueur étirée d’après les valeurs de cette revue. En dessous, c’est un motif de consultation. Au-dessus, il n’y a rien à traiter.

Ce que la revue s’est interdit de mesurer

Pour entrer dans le calcul, il fallait ne pas avoir consulté pour une plainte de petite taille, ni pour une malformation, ni pour une chirurgie antérieure, ni pour un trouble de l’érection.

Autrement dit : la courbe décrit des hommes chez qui la question ne se posait pas. Ceux qui vont mal avec leur verge en ont été retirés, exprès, pour que la référence ne soit pas tirée vers le bas. C’est une décision méthodologique honnête, et elle veut dire que le nomogramme te dit où tu tombes, jamais si tu vas bien.

Les études viennent presque toutes d’Europe et du Moyen-Orient, donc rien ne se transpose ailleurs. Certaines ont plus de vingt ans. Et la corrélation la plus forte trouvée, celle avec la stature, se situe entre 0,2 et 0,6 : elle existe, elle ne prédit personne.

Un homme qui se mesure seul se donne des centimètres

Les enquêtes où l’homme tient lui-même la règle donnent des moyennes plus élevées que celles où c’est un soignant. Personne ne ment pour autant.

D’abord la méthode. En consultation, la règle s’enfonce dans la graisse jusqu’à toucher l’os du pubis, ce qui récupère la portion de verge cachée par le ventre. À la maison, elle se pose sur la peau. La différence se compte en centimètres, et elle grandit avec le tour de taille.

Ensuite, qui répond. Un questionnaire en ligne sur la taille du sexe attire les hommes qui se trouvent bien. Un homme complexé referme l’onglet.

C’est pour ça que la revue de 2015 a écarté toute étude sans mesure professionnelle, et c’est ce qui la sépare des chiffres qui circulent.

84 % des partenaires satisfaites, 55 % des hommes

Une enquête publiée en 2006 par Janet Lever et son équipe, menée auprès de 25 594 hommes et 26 437 femmes hétérosexuelles, a posé les deux questions côte à côte.

Chez les femmes, 84 % se disent très satisfaites de la taille de leur partenaire, 14 % le voudraient plus grand, 2 % plus petit. Chez les hommes, 55 % sont satisfaits de la leur.

Le chiffre qui m’a arrêtée est ailleurs. Deux hommes sur trois se rangent eux-mêmes dans la moyenne, et parmi ceux-là, 46 % voudraient être plus grands. Ils se savent dans la moyenne et ça ne suffit pas. Un chiffre rassurant n’éteint pas la question.

Un dernier repère, du même travail : 6 % des femmes jugent leur partenaire plus petit que la moyenne. Six sur cent. L’idée que le regard des partenaires serait le problème ne tient pas devant ces chiffres.

Quand la question tourne en boucle, elle porte un nom

Il y a une frontière entre s’être posé la question et ne plus penser qu’à ça. Éviter les vestiaires, les piscines, la lumière allumée, refuser une rencontre : à ce stade, ce n’est plus une inquiétude, c’est un trouble dysmorphique corporel, et il se soigne. Le spécialiste est le psychiatre ou le psychologue, pas l’urologue, et surtout pas moi. C’est à ton médecin traitant que ça se dit en premier, il t’orientera.

Je n’ai aucune technique à te proposer, aucun exercice, aucun appareil. Aucun des trois n’a jamais montré qu’il allongeait quoi que ce soit, et les chiffres ci-dessus disent assez qu’une opération réglerait rarement le problème posé.

L’homme qui m’a écrit en mars m’a rappelée en juin. Il n’avait rien changé à son corps. Il en avait parlé à sa compagne, une fois, mal. Elle est tombée des nues.

Ce que tu lis ici décrit des mécanismes et des gestes du quotidien. Rien n'y remplace un médecin, et un symptôme qui dure ou qui revient se montre plutôt qu'il ne se cherche en ligne.

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