Vient de paraître Pourquoi on pleure : ce que la larme fait, et ne fait pas

Sexualité et intimité

Comment adapter son hygiène de vie à la ménopause : nuits, chaleur, énergie

Trois minutes de respiration lente, une chambre à 18 degrés, un carnet tenu trois semaines. Les gestes qui changent une journée de ménopause, et ce que ni le sport ni le yoga ne font sur les bouffées de chaleur.

Par Marion Vuillemin Publié le 1 janvier 2020 7 min de lecture Avec un calculateur

Une couverture de laine pliée au pied d'un lit défait, à côté d'un carnet ouvert et d'un thermomètre d'intérieur

Pose une main à plat sur le ventre, sur la chaise où tu es en train de lire. Inspire en comptant quatre, souffle en comptant six, recommence sans forcer pendant trois minutes. Voilà. C’est le premier geste que je fais faire dans les ateliers que je coanime depuis 2021 avec Hélène Bourgeois, conseillère conjugale, et le seul de cette page que tu peux faire en lisant.

Ce que tu obtiens en trois semaines, si tu tiens les cinq gestes qui suivent : des nuits moins hachées, une chaleur qui te fait ouvrir un col au lieu de te mettre debout, une fin d’après-midi où tu tiens encore. Tu le reconnaîtras à un endroit précis, ta forme du lendemain vers 15 h, et pas à un compteur. Et non, tu n’es pas la seule à demander ça : sur quatre-vingt-dix femmes passées par ces ateliers, la question des nuits arrive avant toutes les autres.

Trois minutes de respiration lente, deux fois par jour

Assise, dos libre, pieds au sol. Quatre secondes d’inspiration par le nez, six secondes d’expiration, ce qui fait six respirations par minute. Trois minutes le matin, trois minutes dans l’heure qui précède le coucher. C’est tout, et c’est l’exercice le plus ennuyeux que je connaisse.

Suis le cercle

Je le donne en premier pour une raison qui m’a longtemps gênée. Dans la synthèse du GEMVi sur les bouffées de chaleur, la respiration rythmée, celle que tu viens de faire, est la seule technique comportementale qui ait fait baisser la fréquence des bouffées lors d’un essai comparatif. La relaxation musculaire n’a rien donné, la rétroaction biologique non plus. Le yoga, qui est mon métier, n’a pas ces données-là : les revues concluent qu’il y a trop peu de preuves pour trancher. Je continue d’en enseigner, et je ne vais pas te vendre l’inverse de ce que je viens de lire.

Ça ne marche pas sur tout le monde. Sur moi, ça marche, et sur la moitié environ des femmes qui s’y tiennent quinze jours.

Ta chambre à 18 ou 19 degrés, et rien d’autre à acheter

L’Institut national du sommeil et de la vigilance situe la température optimale d’une chambre où l’on dort entre 18 et 19 degrés, et conseille de ne pas dépasser 20. Le thermomètre d’intérieur coûte 6 €. C’est le seul objet de cette page.

Le reste tient dans un mot : des couches. Une grosse couette se remplace par un drap et un plaid, qu’on repousse d’un pied à 3 h sans se réveiller tout à fait. Le pyjama épais laisse la place à un tee-shirt fin. Même chose la journée, avec un gilet qu’on retire au lieu d’un pull qu’on subit. L’Assurance maladie donne le même conseil, et il a l’avantage d’être gratuit.

Le résultat se voit en deux nuits : soit tu te réveilles moins trempée, soit on passe à la suite.

Ce qui déclenche une bouffée, et ce que tu peux décaler

Une bouffée dure de trente secondes à une heure, avec une moyenne de trois à quatre minutes. Ce chiffre aide plus que tout le reste : quand tu sais que ça repart en quatre minutes, tu arrêtes de te battre contre.

Les déclencheurs repérés dans la littérature sont d’une banalité complète, et aucun n’est une faute. Aucun ne se supprime pour de bon non plus : ils se décalent, c’est tout ce qu’on te demande.

Ce qui déclencheCe que tu décales
L’alcooldeux verres par jour au plus, dix par semaine, des jours sans
La caféinel’heure du dernier café, plus que le nombre de tasses
Une boisson brûlantetiède le soir : c’est la chaleur qui joue, pas la plante
Un écart de températureun gilet qu’on retire, pas une pièce surchauffée
Le stress, une émotionles trois minutes de respiration, avant plutôt qu’après

Ce qui bloque : la bouffée n’est pas toujours ce qui te réveille

C’est le point sur lequel je me suis trompée pendant deux ans en atelier.

On croit toutes que la sueur nocturne réveille. C’est vrai en début de nuit. Dans la seconde partie de la nuit, les mesures montrent l’ordre inverse : le réveil arrive d’abord, la bouffée suit. Et le lien de cause à effet entre sueurs nocturnes et troubles du sommeil n’est pas démontré, il est supposé.

Ce que ça change pour toi : si tu as réglé la chambre, les couches et le dernier verre, et que tu es encore debout vingt minutes après un réveil de 3 h, ta chambre n’a pas raté. C’est le réveil lui-même qui demande autre chose. Sortir du lit au bout d’un quart d’heure plutôt que d’y lutter, lumière basse, et y retourner quand l’envie de dormir revient pour de bon.

Bouger ne fait pas tomber les bouffées, et c’est quand même là que ça se joue

Je vais te décevoir tout de suite. Les données disponibles ne montrent pas que l’activité physique fasse baisser les bouffées de chaleur. Ce qu’elle fait est ailleurs, et c’est mieux établi : l’humeur, la masse musculaire et l’os, qui se déminéralise vite dans les années qui suivent la ménopause.

Les repères de l’Assurance maladie sont chiffrés, donc utilisables. De la marche trois ou quatre fois par semaine, trente à quarante-cinq minutes. Des activités en charge avec impact, marche rapide, danse, tennis, associées à du renforcement musculaire. Moins de huit heures assise par jour, et se lever toutes les trente à soixante minutes dès qu’on dépasse trois heures d’immobilité. C’est cette dernière ligne que mes élèves sous-estiment : la fatigue de 16 h vient souvent de ne pas avoir bougé, pas d’avoir trop fait.

Le minimum qui compte, quand la semaine est pleine : dix minutes de marche après le repas du soir, dehors, sans téléphone.

Trois semaines, une ligne par soir, une note à 15 h

Tu sauras si ça a marché sans demander à personne.

Prends un carnet, pas une application. Une ligne par soir : l’heure du coucher, ce que tu as bu après 17 h, la température de la chambre, le nombre de réveils dont tu te souviens. Et une note du lendemain, prise vers 15 h, entre 1 et 5, sur ce que tu vaux à ce moment-là.

J’ai tenu ce carnet quatorze mois après mes huit ans de travail de nuit. Il m’a appris que mon endormissement mettrait vingt-deux mois à revenir, et personne ne m’avait prévenue. Au bout de trois semaines de lignes, tu verras la relation entre deux de tes colonnes. Ce sera la tienne, pas une moyenne.

Je déconseille les montres et les bagues de sommeil, alors qu’on m’en parle à chaque cours. Elles mesurent un pouls et des mouvements, pas des stades de sommeil. Pour quelqu’un qui dort déjà mal, le chiffre du matin est une inquiétude de plus.

Ce que le carnet ne réglera pas, il le montrera.

Ça, c'est à ton médecin

Les traitements, les compléments et les plantes ne sont pas mon métier, et je n'en parle pas. Des nuits qui ne reviennent pas depuis des mois, une douleur, des bouffées qui coupent une journée : médecin traitant ou gynécologue.

Ce que tu lis ici décrit des mécanismes et des gestes du quotidien. Rien n'y remplace un médecin, et un symptôme qui dure ou qui revient se montre plutôt qu'il ne se cherche en ligne.

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