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Beauté et soins

Cire à épiler maison : la cuire au degré près et la poser sans se brûler

Un caramel à 130 degrés qui touche la peau ne part pas au premier geste : il colle et il continue de chauffer. La cuisson d'une cire à épiler maison au degré près, la température de pose, l'essai au poignet et les ratages qui reviennent le plus souvent.

Par Sébastien Reynaud Publié le 1 janvier 2020 7 min de lecture Avec un calculateur

Casserole en cuivre où cuit un caramel ambré, thermomètre de cuisson planté dedans, citrons coupés à côté

Je regrette une phrase. Un soir de février, Claire préparait sa cire au sucre dans la cuisine, elle m’a demandé si c’était compliqué, j’ai répondu que c’était du caramel. Elle a trempé un doigt dedans pour juger la texture. Un caramel, ça ne se rince pas d’un revers de main : ça colle, ça reste, et ça chauffe encore pendant qu’on essaie de l’enlever. Elle a gardé une cloque sur la pulpe dix jours, et moi une leçon.

Une cire à épiler maison, c’est du sucre, de l’eau et du jus de citron menés jusqu’à 130 °C. Compte 140 grammes de sucre pour deux mollets, à peu près 40 centimes de matière contre 9 à 15 € le pot du commerce. Deux températures commandent le reste : celle de la cuisson, qui décide si la pâte arrache ou glisse, et celle de la pose, qui décide si tu te brûles.

À quoi on reconnaît une cire au sucre réussie

Une boule ambrée, couleur miel foncé, qu’on pétrit entre deux doigts et qui s’étire en fil épais sans casser. Un sirop qui coule au fond du bol n’a pas assez cuit, un bonbon dur a cuit trop longtemps.

Je pilote des chauffes depuis vingt et un ans et je n’ai jamais vu personne deviner une température à l’œil. La couleur arrive avant le bon degré : c’est le piège.

Deux choses qu’elle ne fait pas, et je préfère te les dire tout de suite. Elle ne ralentit pas la repousse, malgré ce qu’on lit partout. Et elle ne fait pas moins mal parce qu’elle est au sucre. Sur une zone délicate ou une peau qui réagit vite, tu prends rendez-vous plutôt que de bricoler dans ta cuisine : si tu ne sais pas trop où se situe ta peau, commence par là.

Ce qu’il te faut, et le temps que ça prend vraiment

Un thermomètre de cuisson qui monte à 200 °C. C’est le seul point sur lequel je ne transige pas : sans lui, tu chauffes en aveugle. Une casserole à fond épais, une assiette au congélateur, un bâtonnet en bois, des bandes de coton découpées dans un vieux drap.

Côté peau, il faut des poils de 4 à 5 millimètres. Plus courts, la pâte n’a rien à saisir. Beaucoup plus longs, elle tire sans arracher net.

Compte 15 minutes de cuisson, 25 de refroidissement, et une bonne demi-heure pour une demi-jambe la première fois. Tu diviseras par deux la fois suivante.


Étape 1 : mener le sucre à 130 °C, pas à 135

Feu moyen. Tu remues jusqu’à ce que le sucre soit dissous, puis tu ne remues plus du tout, sinon il recristallise sur les bords.

Le thermomètre plonge dans le liquide sans toucher le fond. À partir de 125 °C, la couleur vire à l’ambre en moins d’une minute : c’est le moment de rester devant la casserole. À 130 °C, tu coupes.

Ça mousse 100 °C

Gros bouillons 115 °C

Ambre, tu coupes 130 °C

Cassant 140 °C

Au-delà, ça casse.

Le jus de citron n’est pas là pour l’odeur. Son acidité empêche le sucre de se remettre en cristaux, et c’est elle qui donne une pâte souple au lieu d’un bloc.

Vérifie avant la suite : verse une goutte sur l’assiette froide, attends dix secondes, ramasse-la. Si elle se pétrit et s’étire, c’est fait. Si elle file entre les doigts, il manque quelques degrés. Si elle craque, tu es allé trop loin.

Étape 2 : redescendre à 45 °C avant de toucher la peau

Verse dans un bol en verre et laisse la température tomber, 20 à 25 minutes. Le thermomètre te dit quand tu y es.

C’est l’étape que tout le monde raccourcit, et c’est celle qui fait les cloques. Une pâte à 60 °C semble tenable la première seconde, puis elle brûle, parce que le sucre adhère à la peau et qu’on n’arrive pas à le retirer à temps. De l’eau bouillante ruisselle et s’en va. Le caramel, non.

À 45 °C, la pâte ne coule plus du bâtonnet, elle s’étire.

Étape 3 : l’essai au poignet, deux centimètres carrés

Face interne de l’avant-bras, une zone grande comme un timbre. Tu poses, tu comptes jusqu’à cinq, tu tends la peau, tu arraches.

Trois points à regarder : ça n’a pas brûlé, les poils sont partis avec la bande, la peau a rougi puis est redevenue normale en dix minutes.

Si un de ces points manque, tu ne lances pas une jambe entière. Tu ajustes et tu refais un timbre. Trois minutes contre une soirée.

Étape 4 : poser dans le sens du poil, arracher à contre-poil

La peau doit être propre et parfaitement sèche. Ni crème, ni huile, ni sortie de douche. Un voile de talc ou de fécule aide sur une peau qui transpire.

  1. Prélève une noix de pâte et étale une couche fine, dans le sens de la pousse, sur 6 à 8 centimètres.
  2. Applique la bande de coton, lisse-la trois fois avec la paume.
  3. Tends la peau à la base de la bande, avec la main libre. Ce geste-là fait la moitié du confort.
  4. Arrache d’un coup sec, à contre-poil, en rasant la peau. Jamais vers le haut : c’est comme ça qu’on tire la peau au lieu du poil.

Une bande passe une fois sur une zone, jamais deux. Un poil récalcitrant, c’est la pince, pas la cire.

La pâte refroidit dans le bol pendant que tu travailles. Au bout de trois ou quatre bandes, elle durcit : dix secondes au bain-marie et tu repars.

Quand ça rate, et comment tu rattrapes

Presque toutes les pannes viennent d’un degré manqué ou d’une couche trop épaisse.

SymptômeCauseRattrapage
Colle sans rien emmenertrop froide, couche épaisse10 s au bain-marie, plus fine
Casse en plaquescuite au-delà de 135 °Crefondre, une cuillère d’eau
Coule et se répandarrêtée sous 120 °Cretour au feu, 130 °C

En cas de brûlure, le sucre a un avantage sur les autres cires : il est soluble. L’eau qui refroidit décolle en même temps qu’elle soigne. L’Assurance maladie donne la conduite à tenir : eau tempérée à 20 °C pendant 20 minutes, ou tant que ça fait mal. Rien d’autre dessus, ni glace, ni beurre, ni crème. Le 15 si c’est le visage, les mains, ou si la surface dépasse une paume.

Ce que tu vérifies avant de ranger le bol

La peau est rose et redevient normale dans le quart d’heure. Regarde une bande à contre-jour : les poils doivent être entiers, bulbe compris. Coupés en deux, ta traction n’était pas bonne.

Rince à l’eau chaude : tout part, y compris la casserole que tu croyais fichue. Pas de sauna ni de soleil direct pendant 24 heures sur la zone épilée, et si tu sors quand même, couvre-la pour de vrai.

Le reste de pâte se garde trois mois au réfrigérateur, dans un pot fermé. Dure comme du béton à la sortie du froid ; trente secondes au bain-marie et elle repart.

Ce que tu lis ici décrit des mécanismes et des gestes du quotidien. Rien n'y remplace un médecin, et un symptôme qui dure ou qui revient se montre plutôt qu'il ne se cherche en ligne.

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