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Forme et mouvement

Comment muscler ses fessiers sans matériel : quatre exercices, un repère

Les exercices fessiers sans matériel qui portent vraiment, chacun avec son repère d'exécution et l'erreur qui l'annule, plus le test de trente secondes qui te dit où tu en es.

Par Marion Vuillemin Publié le 1 janvier 2020 7 min de lecture Avec un calculateur

Un tapis de sol déroulé au pied d'un mur clair, avec une brique de liège posée à côté

Un mardi de janvier 2024, en fin de cours, une élève de 38 ans m’a tendu son téléphone. Quarante secondes de mouvements filmés de dos, légendés « spécial fessiers ». Elle voulait savoir si ça valait le coup. Je suis restée là, à regarder en boucle, sans savoir quoi répondre. Ça m’a agacée, et pas contre elle. J’ai mis deux semaines à comprendre pourquoi : je regardais les exercices au lieu de regarder ce que la hanche faisait.

Tu ressors d’ici avec une poignée de mouvements au poids du corps, chacun décrit avec le repère qui dit qu’il est juste et l’erreur qui l’annule. Et avec de quoi trier toi-même les vidéos que tu croiseras, y compris celles que je n’ai jamais vues. Le test de vérification tient en trente secondes, debout, sans rien acheter.

Ce que font tes fessiers, et pourquoi ça décide du reste

Trois muscles, trois actions, et tout le tri se fait avec ça.

Le grand fessier ouvre la hanche : il ramène ta cuisse en arrière du corps. Lève-toi, pose ta main à plat sur ta fesse, recule ta jambe de vingt centimètres sans creuser les reins. Ce qui durcit sous ta paume, c’est lui. Tu viens de faire, en tout petit, le geste qui est au cœur de la page.

Le moyen fessier, lui, écarte la jambe sur le côté. Il fait aussi quelque chose qu’on oublie de raconter : il tient ton bassin à l’horizontale chaque fois que tu es en appui sur une seule jambe. Donc à chaque pas. Le petit fessier travaille dessous, dans le même sens, et on ne le sent pas séparément.

D’où les trois questions que je pose maintenant à n’importe quel mouvement. Est-ce que la hanche s’ouvre ? Est-ce que la jambe part sur le côté ? Est-ce que je tiens sur une jambe ? Zéro sur trois, l’exercice sert à autre chose, et il peut très bien être bon par ailleurs. Un squat descendu à mi-cuisse, par exemple : c’est surtout du quadriceps.

Le pont, le mouvement d’entrée, et l’erreur qui l’annule

Allongée sur le dos, genoux pliés, pieds à plat, talons ramenés près des fesses. Décolle le bassin jusqu’à ce que genoux, hanches et épaules dessinent une ligne. Redescends lentement, sans poser complètement.

Le repère est dans les reins, pas dans la hauteur. Glisse une main sous ta taille avant de monter. Si l’espace se creuse pendant la montée, tu montes avec le bas du dos et le fessier ne fait presque rien. Redescends, expire en montant, rentre les côtes, et accepte de monter moins haut. C’est le point où je reprends le plus de monde en cours, chaque semaine, et personne ne le fait exprès.

Ce que je fais faire en cours : dix montées lentes, trois secondes tenues en haut, puis on souffle et on recommence une fois. Tu dois sentir une chaleur dans la fesse. Si ça brûle devant, dans les cuisses, le travail est parti ailleurs.

Ce qui vient après le pont, quand il devient facile

Le pas en arrière

Debout, recule d’un grand pas et descends le genou arrière vers le sol, sans le toucher. Le poids reste sur le pied avant, le buste s’incline très légèrement vers l’avant. C’est cette inclinaison qui charge le fessier plutôt que la cuisse. Remonte en poussant dans le talon avant.

La montée sur une marche

Une marche d’escalier suffit, ou un tabouret stable. Pose un pied entier dessus, monte en poussant dans ce pied-là, sans t’aider d’un élan de l’autre jambe. La descente compte autant : trois secondes pour redescendre.

L’ouverture de hanche couchée sur le côté

Allongée sur le côté, jambes pliées, talons collés, tu ouvres le genou du dessus vers le plafond sans laisser le bassin basculer en arrière. Amplitude minuscule, effet net sur le moyen fessier. Un livre calé dans le dos t’empêche de tricher.

Quand ça tire ailleurs que dans la fesse

C’est la question qui revient à chaque premier cours, et tu n’es pas la seule à la poser. Ce sont presque toujours les mêmes coupables, et ils se corrigent par un réglage plutôt que par un autre exercice.

Où ça tireCe qui se passeCe que tu changes
Le bas du dos, pendant le ponttu montes trop haut et tu cambres pour y arrivermoitié moins d’amplitude, souffle en montant
Derrière la cuisse, jusqu’à la crampetes talons sont trop loin des fessesrapproche-les de deux ou trois centimètres
Devant, dans le quadricepsfente ou montée de marche, buste trop droitpenche le buste, pousse dans le talon

Une limite que je ne franchis pas, en revanche. Une vraie douleur, pas une tension, pendant le mouvement ou le lendemain, ça n’est plus de mon ressort. Ça, c’est ton médecin, et souvent un kinésithérapeute derrière lui. Une hanche qui fait mal en marchant ne se règle pas avec un exercice trouvé sur internet, le mien compris.

Le test de trente secondes qui te dit où tu en es

Debout devant un miroir, pieds nus, mains posées sur les crêtes de tes hanches. Monte un genou à hauteur de bassin et tiens la position trente secondes en regardant tes mains.

Si la hanche du côté levé descend, si tu pars en biais, si tu poses le pied avant la fin, c’est le moyen fessier de la jambe d’appui qui lâche. Refais-le de l’autre côté, il y a souvent un côté nettement moins bon. Note lequel, et refais le test dans trois semaines : c’est là que tu verras si quelque chose a bougé.

Ce test-là ne prouve rien à lui seul, mais il change au fil des semaines, et c’est ce qu’on lui demande. La courbature, elle, ne t’apprend rien : elle dit qu’un mouvement était inhabituel, pas qu’il était utile.

À quel rythme, et pourquoi je ne te donne pas de programme

L’assurance maladie reprend les repères d’activité physique pour l’adulte : des activités de renforcement musculaire une à deux fois par semaine, si possible sur des jours non consécutifs. Ça vaut pour tout le corps, et ça n’a jamais été une case à cocher.

Ce que je constate depuis onze ans est plus bête que ça. Les gens qui gardent ces mouvements sont ceux qui les ont accrochés à quelque chose d’existant : le pont avant de se coucher, la montée de marche dans l’escalier de l’immeuble. Ceux qui se sont fixé quatre séances par semaine tiennent trois semaines. Et le reste du temps compte aussi : une hanche qui ne s’ouvre jamais de la journée parce qu’on est assis n’attend pas grand-chose de dix minutes le soir. La façon dont tu marches fait plus de kilomètres au fessier que n’importe quel exercice.

Ce que tu lis ici décrit des mécanismes et des gestes du quotidien. Rien n'y remplace un médecin, et un symptôme qui dure ou qui revient se montre plutôt qu'il ne se cherche en ligne.

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